Le PS sur les rails de 2007      
Bilan et conséquences du congrès du Mans. Une synthèse parfois douloureuse pour certains.
samedi 26 novembre 2005

 

Henri Emmanuelli, partisan du non au référendum, va finaliser le projet présidentiel du PS, a annoncé François Hollande

Autre conséquence du congrès du Mans, le député de Saône-et-Loire Arnaud Montebourg a décidé vendredi soir de quitter Nouveau Parti Socialiste (NPS), en désaccord avec la synthèse du Mans entre son courant et ceux de Hollande et Fabius.

De son côté, Lionel Jospin a déclaré samedi n’être pas "candidat à la candidature" PS pour 2007.

  • Dimanche dernier, François Hollande, réélu jeudi 1er secrétaire avec 76,96 % des voix, pour un 4e mandat, avait réussi à fédérer tous les courants minoritaires du PS autour d’une "synthèse générale".

"Tout le monde aura sa place (...) On va se retrouver à la direction avec une esprit de partage, de responsabilité", a assuré François Hollande samedi, juste avant le conseil national. "Le projet (pour 2007) est quasiment fait. Il faut le hiérarchiser, le compléter le préciser, l’évaluer (...) et organiser un débat, une consultation et ça ce sera Henri Emmanuelli qui en aura la charge", a-t-il précisé.

"La droite sait que, quoi qu’il arrive, nous serons unis dans les échéances qui viennent", a averti le premier secrétaire lors de la réunion du nouveau Conseil national.

François Hollande a estimé que "toutes les conditions d’une défaite de la droite sont réunies". "L’échec économique et social est patent, sa division, évidente", a-t-il jugé, tandis que se manifeste "un besoin d’alternance irrépressible après dix années de chiraquisme". Mais le numéro un socialiste, ayant à l’esprit le scepticisme des Français à l’égard de son parti qui transpire des sondages, a reconnu que "la victoire de la gauche n’est pas acquise".

  • Montebourg quitte NPS

Le co-fondateur du Nouveau Parti socialiste (NPS) Arnaud Montebourg a décidé, avec ses amis, de quitter ce courant, par suite d’un désaccord sur l’opportunité de faire une synthèse entre les courants au congrès du Mans, a annoncé samedi le député Christian Paul.

La décision a été prise au terme d’une réunion nationale d’environ 70 partisans du député de Saône-et-Loire, vendredi soir, a précisé l’ancien secrétaire d’Etat à l’Outre-mer. Pendant ce temps, les autres cadres du NPS étaient réunis séparément autour des trois autres chefs de file du courant, Vincent Peillon, Henri Emmanuelli et Benoît Hamon.

"Depuis le petit matin blême du Mans", lorsqu’est intervenue une synthèse entre les motions des courant Hollande, Fabius et NPS, "personne ne peut plus considérer que le NPS peut sérieusement continuer", a déclaré M. Paul à quelques journalistes.

Selon lui, "l’honneur commande de fermer la porte du NPS. Exit le NPS". "Ce n’est pas une scission, mais il y a un acte de décès qui s’est produit dans la nuit de samedi à dimanche au Mans", a-t-il dit. Christian Paul a estimé que "les militants voulaient une synthèse exigeante, pas une synthèse au rabais".

Samedi, Arnaud Montebourg a appelé les militants soucieux "d’entretenir la flamme de la rénovation" au PS à le rejoindre. Les proches d’Arnaud Montebourg se réuniront à la mi-décembre pour décider de la forme que prendra ce rassemblement, a précisé Christian Paul.

 Jospin pas candidat à la candidature

Lionel Jospin a observé samedi que le PS "s’est rassemblé et qu’il lui reste à proposer", tout en indiquant n’être pas "candidat à la candidature" pour 2007, question qui ne se posera chez les socialistes que dans un an, a-t-il relevé.

Pressé de questions par Europe 1 sur son éventuelle candidature, l’ancien Premier ministre a répondu que cet "autre débat" aurait lieu dans un an, le premier secrétaire PS François Hollande ayant "sagement proposé qu’il se tienne en novembre 2006".

Les socialistes ont pour l’instant "à travailler sur leur projet, faire jouer leur rôle d’opposants, pas, certainement, reprendre des débats sur les futures candidatures", a poursuivi M. Jospin. Il a cité le commentaire de François Hollande sur la multiplicité des candidatures : "cela se décantera".

Relancé sur ce qu’il pourrait décider "dans un an", M. Jospin a répondu : "Hollande et les socialistes ont décidé que ces questions des candidatures qui existent seraient abordées dans un an. Pourquoi voulez-vous que je parle aujourd’hui d’une non-candidature ?" "Il y a des candidats à la candidature au sein du PS, je n’en suis pas, je ne suis pas candidat à la candidature, cette question n’a absolument aucun sens pour moi", a-t-il martelé.

  • La nouvelle direction du PS

La nouvelle direction du PS, annoncée samedi par le premier secrétaire François Hollande, intègre tous les courants du parti et tous les présidentiables, à l’exception de Laurent Fabius qui n’était pas candidat.

De même, la Commission du projet du parti pour 2007, présidée par M. Hollande, comprendra six autres membres de son courant, et autant de représentants des anciens opposants à la direction, dont M. Fabius.

Au secrétariat national, Dominique Strauss-Kahn prend en charge le secteur des élus, Jack Lang le développement du parti, Martine Aubry les affaires sociales.

L’ex-opposition, Nouveau Parti socialiste et les fabiusiens, occupent eux aussi des postes importants : porte-parole du NPS et député européen, Benoît Hamon, partisan du non à la Constitution européenne, prend en charge "le projet européen.

Autre membre du NPS, Barbara Romagnan devient secrétaire nationale à la rénovation. La rénovation du PS est l’une idées-force du NPS. Claude Bartolone, lieutenant de Laurent Fabius, retrouve le poste de secrétaire national à la Communication dont il avait été privé après le référendum du 29 mai.

Un secrétariat à la solidarité urbaine est confié à un autre fabiusien, Vincent Léna, directeur de cabinet de M. Bartolone quand il était ministre de la Ville dans le gouvernement Jospin. François Rebsamen a en charge "la coordination du secrétariat national", ce qui en fait le numéro 2 du parti.

M. Hollande a en outre annoncé qu’il avait confié à Henri Emmanuelli, ex-premier secrétaire du PS, et figure du "non de gauche" au référendum du 29 mai, "le soin de préparer des états généraux" du projet. Enfin, la commission du projet comprend Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry, Jack Lang, Ségolène Royal, Elisabeth Guigou, Bertrand Delanoë, outre MM. Hollande et Rebsamen.

Les trois représentants du NPS sont Henri Emmanuelli, Vincent Peillon et Benoît Hamon, et ceux du courant Fabius sont Laurent Fabius lui-même et Claude Bartolone, autre figure du non au référendum du 29 mai.



Qui compose le gouvernement Philippe II ?
Quelles sont les dispositions qui figurent dans le projet de loi de confiance dans l’action publique ?
Comment réformer intelligemment le fonctionnement du Parlement ?
Que sont les ordonnances de l’article 38 de la Constitution ?
Projet de loi pour la confiance dans notre vie démocratique. Quelles avancées ?
Comment et sur quels principes s’organise le travail gouvernemental ?
Constitutionnaliser l’IVG ?
Moralisation de la vie politique. Quelles propositions ?
Qui compose le gouvernement E. Philippe ?
Gouvernement de coalition, de cohabitation, d’ouverture. De quoi parle t-on ?
Emmanuel Macron, huitième Président élu de la Cinquième République
Finale présidentielle : Macron - Le Pen
Période de réserve électorale. Fin de la propagande électorale.
Attentat : peut-on reporter la présidentielle à cause du terrorisme ?
La France a-t-elle besoin d’une 6e République ?
Le vote blanc. Réalité et problématique
Les "petits" candidats. Présidentielle 2017
Présidentielle 2017. 11 candidats
Présidentielle 2017. Le calendrier
Application des lois. De vrais progrès.
On parle XVe législature ?
L’empêchement d’un candidat à l’élection présidentielle. Décryptage.
La transparence appliquée au membres du Conseil constitutionnel. Peut-être...
Elections : transparence et probité
L’ubérisation de la politique et la tentation du trop de démocratie dite "participative"
Confiance accordée au gouvernement Cazeneuve.
C. Lagarde. Cinquième procès devant la Cour de Justice de la République
Remaniement gouvernemental. Quinquennat. Et de trois !
Responsabilité institutionnelle de F. Hollande. Article 68 Constitution.
PPR de destitution du Président de la République