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Budget 2006 : l’UDF clairement dans l’Opposition      
Les élections approchent... les positions se durcissent
mardi 25 octobre 2005

 

336 voix se sont prononcées pour et 187 contre, seule l’UMP a voté le texte ; l’UDF se rebelle

Sur 30 députés UDF,16 dont François Bayrou ont voté contre,13 se sont abstenus -l’un n’a pas pris part au vote.Pour le président de l’UDF,il s’agit d’"une prise d’indépendance clairement affirmée de l’UDF" vis-à-vis de l’UMP

Avant le vote,le président du groupe UMP,M.Accoyer, a affirmé que,"lorsqu’on vote contre un budget, on est dans l’opposition"

Le projet de budget 2006 présente des réponses aux attentes de tous les partis politiques et devrait donc être adopté "à l ’unanimité", a ironisé pour sa part le ministre délégué au Budget, Jean-François Coppé.

Selon le ministre, le budget comprend "des réponses aux attentes de la gauche" avec "de très nombreux financements de contrats aidés dans le secteur public pour ceux de nos concitoyens qu’il faut sortir de l’exclusion", mais aussi des mesures "pour satisfaire l’UDF".

Bayrou souhaitait que l’"on réforme l’impôt sur le revenu pour qu’il n’y ait plus que quatre taux et non plus six. Et bien c’est fait dans ce budget", a déclaré M. Copé.

De son côté, François Bayrou a dit : "Il y a sans doute, dans les années passées, des gens qui voulaient privilégier l’appartenance à la majorité".

Cette attitude "aujourd’hui, n’est plus de saison. Nous avons choisi d’aller au bout de la logique qui me paraît aujourd’hui s’imposer dans le pays, c’est le gage de la crédibilité d’une proposition politique alternative", a insisté le député des Pyrénées-Atlantiques. Dans son analyse du budget, l’UDF s’est posé trois questions : "le budget est-il fiable, est-il juste, sera-t-il efficace pour sortir le pays de la crise", a expliqué M. Bayrou . "A ces trois critères, l’analyse nous a conduits à répondre non".

"La situation de la France aujourd’hui est si grave et la responsabilité politique si lourde de conséquences qu’on ne peut pas se contenter de demi-mesures. Il faut dire clairement les choses comme elles sont", a affirmé M.Bayrou.

Pour lui, son parti crédibilise ainsi aux yeux des Français sa démarche d’"automonie" vis-à-vis de l’UMP, et sa volonté de présenter en 2007 "une proposition politique alternative" à celles de l’UMP et du PS. Pour sa part, Gilles de Robien, seul ministre centriste, a fustigé cette attitude, affirmant que François Bayrou "nuit au gouvernement et nuit à la France".

Un rude affrontement Durant le débat, Charles de Courson (UDF) a estimé que le budget n’est pas sincère". "Etat gangster", "Etat prédateur" et "Etat vampire", a lâché. Pour lui, le budget est "porteur de menace pour l’avenir des finances publiques", et "concentre les cadeaux fiscaux sur les plus gros contribuables".

L’an dernier, l’UDF s’était abstenue sur le volet recettes mais avait voté l’ensemble du budget . Elle s’était abstenue sur le projet de budget 2004.

Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l’Assemblée, a, lui, dénoncé un "double langage", en notant que "les députés UDF ont voté en séance" les amendements "les plus radicaux" pour supprimer l’ISF. "Posture pour la prochaine" présidentielle, a ajouté Didier Migaud (PS). Toujours à gauche, Jean-Claude Sandrier (PCF) s’est exclamé : "Oui vous capitulez devant la loi du fric ! Et depuis quand enrichir les riches crée des emplois ?".

Par la voix de Martine Billard, les Verts se sont exprimés :"La majorité empile les avantages fiscaux au bénéfice des ménages les plus aisés".

Jean-Marc Ayrault, a cependant souligné que "le vrai test pour l’UDF c’est au Sénat, puisque l’UMP n’y a pas la majorité. Je prends le pari que l’UDF ne fera pas chuter la majorité au Sénat", a-t-il dit.

Pour sa part, Jean-Pierre Mercier, président du groupe UDF au Sénat, a déclaré à l’AFP que la décision unanime des députés de ne pas voter le budget aura forcément des conséquences" sur les discussions que les sénateurs auront pour se déterminer eux-aussi.

Les députés aborderont la deuxième partie du budget, sur les dépenses, à partir du 2 novembre.



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