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De Villepin passe les 100 jours.       
jeudi 8 septembre 2005

 

Dominique de Villepin, qui s’est forgé en trois mois une image de présidentiable face à l’omniprésent Nicolas Sarkozy, a passé sereinement jeudi le cap des cent jours à Matignon.

Le Premier ministre, qui avait choisi pour cette journée particulière de se rendre dans un lycée professionnel de Beauvais, dans l’Oise, en compagnie du seul ministre UDF Gilles de Robien (Education), s’est posé comme le chantre du rassemblement face à ceux qui veulent "distiller au quotidien un certain venin du doute" ou qui préfèrent "la polémique" et "la surenchère".

Lorsqu’il était arrivé à Matignon, après l’échec du référendum sur la Constitution européenne, fin mai, Dominique de Villepin s’était fixé un horizon napoléonien de cent jours pour "recréer les conditions de la confiance" avec les Français.

"Quand vous arrivez dans des fonctions comme Premier ministre, il faut un objectif, il faut fixer un cap (...) Je n’ai pas voulu le faire avec forfanterie, j’ai voulu le faire avec le souci de fixer à l’action gouvernementale un objectif", a-t-il souligné jeudi.

"Ce n’est bien sûr pas à moi de tirer des leçons et un bilan, je fais suffisamment confiance à nos compatriotes", a-t-il ajouté alors qu’un sondage Ifop publié jeudi dans Paris-Match indique que 56% des Français portent un jugement positif sur ses trois premiers mois à Matignon.

Cependant, selon un sondage CSA pour La Tribune, 80% des Français estiment qu’il n’a pas gagné son pari des cent jours.

Jeudi, le Premier ministre a refusé tout "esprit de célébration" et a réaffirmé ne pas être "au service d’une ambition quelconque". "En tout cas, pas d’autre ambition que celle de la France et c’est la seule chose qui me guide."

"Il ne s’agit pas de tirer la couverture à soi mais de penser à la Nation, à nos compatriotes, de donner l’espoir à ce pays et nous serons d’autant plus forts que nous serons rassemblés", a-t-il insisté.

Le message politique était clair après presque une semaine de passes d’armes entre le Premier ministre et le numéro deux de son gouvernement, le président de l’UMP, Nicolas Sarkozy.

Dominique de Villepin a souhaité que pendant les vingt mois qui courent jusqu’à l’élection présidentielle la France "ne se disperse pas". "Je souhaite que nous ne nous égarions pas dans des batailles stériles. Concentrons-nous sur l’essentiel, il y a beaucoup à faire", a-t-il martelé.

"La clé", a-t-il insisté, "ce n’est pas la polémique, ce n’est pas la surenchère, c’est la réponse aux préoccupations de nos compatriotes, c’est la solidarité".

"C’est ce que le gouvernement veut faire, très simplement, sans fanfare, sans trompette (...) Nous savons que la route est difficile, que les résultats sont parfois longs à attendre, trop longs pour beaucoup de nos compatriotes, mais c’est tous les jours que nous nous battons pour faire en sorte que les réponses puissent être plus en rapport avec leurs aspirations".

Devant la mairie de Beauvais, une centaine de manifestants de la CGT, de l’Unsa et de la FSU attendaient de pied ferme le Premier ministre. "Villepin, Sarkozy, cent jours ça suffit", ont-ils scandé avant que Dominique de Villepin ne s’avance vers eux pour écouter leurs revendications sur les salaires et le prix de l’essence.

Dans son discours à la mairie, le Premier ministre a insisté à nouveau sur le devoir de rassemblement.

"Quand c’est difficile, il n’y a pas de mystère, c’est vrai dans une famille, dans une grande aventure, sur un bateau ou en haut de l’Everest, quand on est encordé, c’est bien l’unité, c’est bien le rassemblement qui seuls donnent la chance", a-t-il lancé, réveillant sa fibre lyrique.

Il a montré à l’assistance un coeur taillé dans la pierre. "Ce bien inaliénable, on m’en a fait cadeau ce matin. Un jeune élève qui venait de tailler dans son ardoise un coeur. Ce coeur de France, nous nous battons pour lui et nous voulons le servir".

"Nous sommes à un moment où c’est le rassemblement qui doit l’emporter, pour notre pays en lequel nous croyons. C’est la bataille que nous voulons livrer pour notre France, notre modèle français", a poursuivi le Premier ministre.

"Même si certains veulent distiller au quotidien un certain venin du doute, imaginant qu’ambitions, rivalités, querelles puissent être inévitablement le lot habituel des dirigeants, il n’y a pas de calculs, il n’y a pas d’autre stratégie qu’une stratégie pour la France !", a-t-il ajouté.

Dominique de Villepin a convoqué la mémoire militaire de la région de Beauvais, rappelant qu’en mai 1940 le général de Gaulle y avait "rassemblé les éléments épars de la 4e division cuirassée pour lancer l’offensive de Montcornet".

"Ici on ignore l’abattement, on ignore la résignation. Ici nous sommes sur une terre de résistance, de combat. Face à la difficulté, on relève les défis", a-t-il lancé.

Le député UMP de l’Oise Olivier Dassault a choisi pour sa part la geste napoléonienne pour saluer les cent jours de Dominique de Villepin à Matignon : "J’apporte mon soutien à la bataille pour l’emploi ! Vous ne contemplez pas une morne plaine, vous quittez Arcole et Rivoli. Vous avez en vue les pyramides et le Mont Thabor et, sur le chemin d’Austerlitz, évitez Leipzig et Waterloo !"



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