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L’Europe des projets de De Villepin      
mercredi 22 juin 2005

 

Attaques, ripostes et petites phrases se sont succédé ce mercredi, à la veille d’une intervention cruciale de Tony Blair devant les députés européens - intervention au cours de laquelle il devrait exposer la "vision libérale" de l’Europe qu’il compte promouvoir au cours de la présidence britannique de l’UE. Si Tony Blair et Jacques Chirac se sont une nouvelle fois affrontés par déclarations interposées, Politique Agricole Commune contre rabais britannique, Dominique de Villepin, invité en soirée du 19/20 sur France 3, s’est efforcé pour sa part de donner corps et substance à la "vision sociale" et française de l’Europe.

Cette vision de l’Europe, une "Europe des projets" qu’il a appelée de ses voeux, ne doit pas pâtir du rejet par les Français du Traité constitutionnel européen... bien au contraire. "Il faut se battre pour une Europe des projets (...) Nous avons des idées, avançons plutôt que de rester dans l’impasse où nous sommes aujourd’hui". Jacques Chirac "a tiré les leçons" du non français en traçant "la voie d’une Europe proche des citoyens, qui prenne en compte les exigences sociales indispensables", a estimé le Premier ministre. "C’est la première leçon de l’après-29 mai (...) Je veux évoquer cela au niveau français. Je vais donc proposer de rencontrer, dès le début de la semaine prochaine, l’ensemble des formations politiques françaises qui ont participé au scrutin référendaire. Je vais donc les recevoir pour évoquer avec eux" ces questions.

"Nous n’avons pas de projet économique"

Mais il a déjà donné quelques pistes. Premier grand projet évoqué : l’UE manque aujourd’hui d’une politique économique harmonisée. "Faisons en sorte que les pays de l’euro puissent se rassembler, évoquer ensemble l’harmonisation de leurs politiques et en particulier que l’Eurogroupe puisse dialoguer avec la Banque centrale européenne, dans le respect de son indépendance". Dans ce projet économique, la Politique Agricole Commune, cible des attaques britanniques, a toute sa place : "C’est un atout pour l’Europe, qui est la deuxième puissance agricole au monde, le premier pays exportateur de produits transformés dans le monde. Ne lâchons pas la proie pour l’ombre à l’heure où les Etats-Unis veulent rivaliser avec nous". Affirmant une nouvelle fois que "la Pac n’a pas à être sur la table" des négociations européennes, il a rappelé que l’agriculture en France, c’est 20% des emplois, "quand on prend à la fois la filière agricole et agro-alimentaire", soit 2,5 millions de personnes.

Autre grand projet : la recherche. Dominique de Villepin a proposé de créer "en France, dans les tout prochains mois, un, deux, trois grands centres de haute technologie européens". Ces centres, a ajouté le Premier ministre, seront "ouverts aux chercheurs français et étrangers. Je veux lancer ce projet dès 2006. Il s’agit d’attirer des laboratoires de recherche, des chercheurs, des universités, de mettre ensemble ces compétences avec les entreprises pour préparer l’avenir".

Message à l’UDF : "il faut savoir honorer des rendez-vous"

Dominique de Villepin a également proposé que les pays de l’Union Européenne étudient la création "d’un véritable service civil européen". Ce service destiné "aux jeunes européens", s’appliquerait "dans le domaine humanitaire, dans le domaine sanitaire, dans un certain nombre de domaines très précis qui leur permettent de travailler ensemble à de grands projets de grandes choses", a-t-il précisé. Il a encore souligné le besoin "d’aller plus loin" dans le domaine de la sécurité et de la défense.

Concernant la politique hexagonale, Dominique de Villepin a confirmé la période d’essai de deux ans pour les contrats nouvelle embauche, estimant que c’était "une nécessité économique pour l’entrepreneur et, en même temps, sociale pour le salarié", tout en admettant qu’il est "normal qu’il y ait des réticences et des résistances, dès lors qu’il s’agit de quelque chose de nouveau". Et commentant l’annonce que l’UDF ne voterait pas le projet de loi permettant le recours aux ordonnances, il a jugé qu’il faut "savoir honorer des rendez-vous" et que les ordonnances constituaient "un rendez-vous avec la France".



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