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Dominique de Villepin, Premier ministre français      
mardi 31 mai 2005

 

Le président de la France, Jacques Chirac, a nommé mardi Dominique de Villepin, un de ses fidèles, comme premier ministre pour tenter de reprendre l’initiative après avoir été désavoué par la large victoire du « non » au référendum sur la Constitution européenne.

M. de Villepin, 51 ans, qui a accédé à la notoriété internationale en défendant à l’ONU l’opposition de la France à la guerre en Irak en 2003, était donné favori pour remplacer l’impopulaire Jean-Pierre Raffarin. Celui-ci n’a pas eu d’autre choix que de démissionner moins de 48 heures après la débâcle au référendum de dimanche (54,87% de « non »).

La formation du nouveau gouvernement de M. de Villepin, un diplomate de carrière, qui n’a jamais été élu et contesté dans son propre camp, n’était pas attendue avant mercredi.

Le président du parti majoritaire UMP, Nicolas Sarkozy, serait nommé numéro deux de cette équipe et ministre de l’Intérieur, un poste qu’il a déjà occupé de 2002 à 2004.

M. Sarkozy, personnalité la plus appréciée à droite et qui affiche son ambition pour la présidentielle de 2007, a appelé dimanche à de profondes réformes en France pour tenir compte du vote des Français.

En se séparant de M. Raffarin, M. Chirac a voulu réagir vite au rejet du traité européen, qui a beaucoup affaibli son autorité, pour essayer de « sauver » la fin de son mandat s’achevant en 2007. M. Raffarin a notamment échoué à faire régresser le chômage, qui touche plus de 10% de la population active, et a vu sa cote de popularité sombrer.

M. Chirac devrait faire une déclaration télévisée mardi soir pour expliquer aux Français son choix et ses priorités. Avec M. de Villepin, il propulse au poste le plus exposé de la vie politique française un des fidèles de son premier cercle, après avoir promis de donner une « impulsion nouvelle » à l’action gouvernementale.

Mais le profil de M. de Villepin, aristocrate et haut fonctionnaire de carrière, perçu comme le choix de la continuité, semble peu adapté pour répondre aux fortes inquiétudes des électeurs, notamment ceux de gauche, qui réclament une politique plus sociale.

L’euro a perdu du terrain face au dollar dès la nomination de M. de Villepin, le marché témoignant de sa préférence pour M. Sarkozy, adepte de réformes économiques libérales.

M. de Villepin a été le plus proche collaborateur du président comme secrétaire général de la présidence de la République pendant sept ans, de 1995 à 2002. Après des années dans l’ombre, il a émergé au grand jour en 2002, à la faveur de la réélection de M. Chirac qui, selon son entourage, apprécie son « panache ». Il le charge alors de diriger le ministère des Affaires étrangères.

En mars 2003, en pleine crise irakienne, il a défendu devant l’ONU les choix de la France et de Jacques Chirac, fermement opposé à la guerre américaine en Irak.

M. de Villepin est toutefois contesté par des personnalités de son propre camp, notamment par M. Sarkozy, qui voit en lui un possible rival en 2007. Il est considéré comme l’initiateur de la dissolution de l’Assemblée nationale en 1997, décidée par M. Chirac pour conforter sa majorité parlementaire mais qui s’était soldée par une spectaculaire victoire de l’opposition socialiste, obligeant le chef de l’État à « cohabiter » pendant cinq ans avec Lionel Jospin.

Des voix se sont immédiatement élevées à gauche pour critiquer sa nomination. « Jacques Chirac a choisi la logique de bunkerisation du pouvoir », a déclaré le sénateur socialiste Jean-Luc Mélenchon, favorable au « non » dimanche.

Le chef de file socialiste des opposants au traité européen Laurent Fabius a estimé dès lundi soir que la nomination d’un nouveau gouvernement serait une « sorte de replâtrage ».

Près de la moitié des Français (48%) souhaitent l’organisation rapide d’élections législatives anticipées, après la victoire du « non », selon un sondage. 55% des personnes interrogées estiment aussi que M. Chirac est « durablement discrédité » par le « non » au référendum.



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