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Le PS : Unité ? Mais laquelle ? Sur une ligne d’extrême gauche !      
lundi 30 mai 2005

 

Le Parti socialiste français ne va pas échapper à une crise profonde après le non au référendum de dimanche : miné par les dissensions internes et par la désertion d’une grande partie de ses électeurs, il doit revoir sa stratégie au plus vite pour conserver une chance de remporter l’élection présidentielle de 2007.

Le chef du PS François Hollande a rapidement rejeté la responsabilité de l’échec sur le président Chirac et son gouvernement de centre-droit. Le rejet du texte européen, c’est « le rejet du pouvoir », a-t-il dit.

Il a appelé au rassemblement de la gauche « qui a voté oui et qui a voté non » derrière « un projet crédible et mobilisateur » pour la prochaine présidentielle, principal enjeu de la politique française.

Mais le verdict des urnes et le rejet massif de la Constitution européenne est un coup dur pour M. Hollande.

C’est en revanche une victoire pour le numéro deux du parti Laurent Fabius, entré en dissidence avec quelques autres ténors socialistes contre la ligne du oui choisie par les militants.

Lors d’un vote interne au parti en décembre, réclamé par les opposants au traité, la base avait voté oui à plus de 58 %. Le chef du PS, épaulé par la très grande majorité des leaders du parti, a défendu ce choix bec et ongles durant la campagne, mais il a sans doute fait une grave erreur stratégique en refusant de sévir à l’égard des « dissidents » qui défiaient son autorité.

De nombreux sympathisants socialistes, inquiets des implications économiques et sociales d’un traité dénoncé comme « ultra-libéral » par ses adversaires, ont finalement voté non : 6 sur 10, selon certains sondages à la sortie des urnes.

Le PS n’échappera pas un congrès extraordinaire pour recadrer ses objectifs et son équipe dirigeante, en tenant compte des préoccupations exprimées dimanche par ses électeurs et, sur sa gauche, par un parti communiste qui crie victoire pour avoir exprimé haut et fort son opposition farouche à la Constitution.

Ce congrès extraordinaire, qui pourrait avoir lieu à l’automne, sera décidé par le conseil national du PS, sorte de parlement du parti, qui soit se réunir dès samedi.

Beaucoup de militants ulcérés par la « trahison » des avocats du non rêvent d’une exclusion des brebis galeuses, en particulier de Laurent Fabius.

Mais, dans l’objectif de la présidentielle, le PS a intérêt à éviter de violents règlements de compte susceptibles de le faire imploser. Il doit au contraire resserrer les rangs et revoir à la fois ses orientations politiques et sa tactique.

Un des responsables socialistes favorables au non, le député Henri Emmanuelli, a affirmé que la victoire du non n’était « pas un vote de peur », mais « un vote d’espérance ».

François Hollande n’est en tout cas pas en position de force pour appeler au rassemblement des siens. Son autorité et son charisme sont contestés. Pour promouvoir le oui, il a parfois cédé la place à son prédécesseur Lionel Jospin, pourtant retiré des affaires mais resté une autorité morale.

Quant à Fabius, la victoire du non le renforce mais il est toujours peu aimé des militants et a peu d’alliés.

Dans le camp du oui, beaucoup l’accusent d’avoir défendu le non pour des raisons plus électoralistes que sociales et d’avoir frisé parfois la xénophobie, en prônant la défense des travailleurs français face à la menace de travailleurs venus d’Europe de l’est.



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