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Le "non" a le vent en poupe (France)      
Référendum législatif
vendredi 18 mars 2005

 

Le "non" à la Constitution européenne l’emporterait en France au référendum de mai prochain, avec 51% des voix contre 49% au "oui", selon un sondage à paraître ce matin dans le journal Le Parisien, le premier à donner une majorité hostile au traité.

Selon cette enquête d’opinion (CSA), 53% des personnes disent vouloir s’abstenir, voter blanc ou nul.

Ce sondage a été réalisé les 16 et 17 mars, par téléphone, auprès d’un échantillon représentatif de la population française de 18 ans et plus.

Les Français sont appelés à ratifier le projet de Constitution européenne par référendum le 29 mai.

Le président français Jacques Chirac s’est fortement engagé en faveur de la victoire du "oui" à ce traité, qui doit être adopté par les 25 pays membres de l’Union européenne (UE) pour entrer en application.

Toutefois ce scrutin intervient dans une situation politique et économique qui est loin d’être brillante en France.

La situation économique difficile, avec un taux de chômage à 10% et peu de perspectives d’amélioration, suscite le mécontentement d’une série de catégories sociales qui sont mobilisées contre le gouvernement depuis des semaines et qui pourraient être tentées par un vote protestataire ayant peu à voir avec le traité constitutionnel.

Le "non" est alimenté en France par deux grands courants : l’un surtout à droite qui met en avant la question de l’adhésion de la Turquie et l’indépendance de la France, l’autre protestataire inspiré par la crainte d’une Europe trop libérale.

Les principaux partis de droite (UMP, UDF) et de gauche (socialiste et Verts) sont favorables au traité constitutionnel, bien que de fortes minorités dans ces partis y soient opposées.

Les partis d’extrême gauche (communiste, trotskiste), et ceux d’extrême droite (Front National) y sont également opposés, ainsi que la CGT, premier syndicat français.

  • La commission inquiète

La Commission européenne s’est déclarée vendredi "préoccupée" par le sondage donnant pour la première fois en France le "non" vainqueur au référendum sur la Constitution de l’UE, souhaitant l’apparition d’un "débat apaisé" sur le sujet.

"La Commission est toujours préoccupée de voir des sondages (faisant apparaître) une montée en puissance du non au référendum", a reconnu la porte-parole de la Commission, Françoise Le Bail.

"Tout phénomène de ce genre lui paraît bien sûr préoccupant", a-t-elle ajouté.

La porte-parole réagissait au premier sondage en France donnant le "non" à la Constitution victorieux pour le référendum de ratification du 29 mai prochain. Selon ce sondage paru vendredi, le "non" arrive en tête avec 51% des voix contre 49% au "oui.

"C’est une semaine agitée et nous espérons que dans les semaines à venir, lorsque le débat sera apaisé, (...) les Français comme les autres Européens pourront s’exprimer en connaissance de cause", a relevé néanmoins la porte-parole.

Mme Le Bail faisait allusion au téléscopage dans l’Hexagone entre le débat sur la Constitution et celui sur la directive dite "Bolkestein" sur la libéralisation du marché européen des services, qui rencontre une vive opposition dans l’opinion et la classe politique françaises.

"Notre estimation est que la polémique sur la directive Bolkestein et les malentendus qui ont pu naître sur cette directive ont contribué certainement" aux résultats du sondage, a poursuivi Françoise Le Bail.

Mais la porte-parole a estimé qu’il y avait d’"autres facteurs connus", comme les "difficultés économiques internes, etc.".

"Il est bien évident que tout ce que nous pourrons faire en termes d’explications pour faire en sorte que cette Constitution soit approuvée, bien évidemment la Commission le fera", a souligné Françoise Le Bail.

"La Commission est engagée sur la Constitution, elle a approuvé cette Constitution, elle est en faveur de l’adoption de cette Constitution", a-t-elle encore dit.



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