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Plus de ministre de l’écologie... cause : présidentielle      
jeudi 23 février 2012

 

Après la démission de Nathalie Kosciusko-Morizet, à la tête du ministère de l’Écologie, dans la foulée de sa nomination le 18 février comme porte-parole de campagne de Nicolas Sarkozy, le choix a été fait de rattacher l’administration de l’écologie à Matignon. Une décision que déplorent les associations écologistes.

Nathalie Kosciusko-Morizet et François Fillon se sont retrouvés sur le perron de Matignon ce 23 février pour une passation de pouvoirs plutôt inédite. La ministre de l’Écologie, démissionnaire de son poste après avoir rejoint l’équipe de campagne du président de la République comme porte-parole, a en effet passé les commandes du ministère à François Fillon qui, tout en demeurant Premier ministre, prend ainsi les rênes de l’administration de l’écologie.

“Avec ce rattachement au Premier ministre, c’est une garantie de non-démantèlement de ce ministère, c’était un engagement du président de la République que d’avoir un ministère du Développement durable d’une pièce, avec toute sa cohérence”, a glissé la toute fraîche ex-ministre de l’Écologie. Le fait que Matignon reprenne la politique environnementale “est une garantie d’arbitrages au meilleur niveau, c’est une consécration de finir cette mandature entre vos mains”, a-t-elle relevé en se tournant vers François Fillon.

Le chef du gouvernement, qui conservera cette double casquette jusqu’aux élections, a tenu à lui rendre hommage : “Je veux la féliciter pour le travail qu’elle a accompli, l’engagement qui a été le sien”, a-t-il déclaré, soulignant que Nathalie Kosciusko-Morizet avait “su en particulier assurer la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement, qui constitue une véritable rupture dans l’histoire de notre République”. “Aujourd’hui, 80 % des décisions qui le concernent sont mises en œuvre”, s’est félicité le Premier ministre, avant d’affirmer que “les quelques décisions qui restent à prendre, nous allons les prendre naturellement dans les délais impartis”. Pour l’aider dans sa tâche, le chef du gouvernement pourra compter sur le renfort d’une poignée d’ex-conseillers de “NKM”, qui devraient rejoindre son cabinet dans les heures et dans les jours qui viennent.

Pas sûr pour autant que cette organisation, comme les propos du Premier ministre, suffisent à rassurer les associations de défense de l’environnement, qui semblent pour le moins dubitatives sur la réalité de la “fibre écolo” de François Fillon. “Qui peut croire que le Premier ministre aura du temps à consacrer à ces problématiques ?” se demandent les Amis de la Terre dans un communiqué du 21 février. Du côté de l’opposition, Philippe Martin, député PS du Gers et membre de l’équipe de François Hollande, s’est montré plus ironique : “Confier le sort de l’écologie au Premier ministre François Fillon, c’est aussi enthousiasmant que de confier la lutte contre le réchauffement climatique à Claude Allègre”, a-t-il dit.

Plus généralement, le non-remplacement de Nathalie Kosciusko-Morizet montrerait le peu d’intérêt présidentiel pour l’écologie, comme l’exprime en ces termes Stephen Kerckhove, le délégué général d’Agir pour l’environnement : “La réalité institutionnelle a été mise en adéquation avec l’orientation politique du Président candidat”, le délégué parlant de “duplicité érigée en mode de gouvernance”, permettant ainsi au chef de l’État de “débuter son mandat avec le Grenelle de l’environnement tout en le terminant sans ministre de l’Écologie”. Un vide qui passe mal. “Accepterait-on aussi facilement la vacance du ministère de l’Économie et des Finances ? Ou celle du ministère de l’Industrie ?” s’interroge Stephen Kerckhove. “Cette vacance est la cerise sur le gâteau du mépris de Nicolas Sarkozy à l’égard des problématiques environnementales”, a estimé pour sa part Martine Laplante, présidente des Amis de la Terre. Une allusion aux prises de position du président de la République, lequel n’a cessé au fil des mois de montrer son agacement devant le poids pris par l’écologie. En mars 2010, au Salon de l’agriculture, il déclarait ainsi : “L’environnement, ça commence à bien faire.”

Trois ans plus tôt, le même Nicolas Sarkozy créait un vaste ministère de l’écologie et du développement durable pour donner vie au Grenelle de l’environnement, l’un de ses chantiers phares de son quinquennat. Le portefeuille de ce “mégaministère” avait été confié en juin 2007 à Alain Juppé, qui s’était vu attribuer le titre de ministre d’État, avant que Jean-Louis Borloo ne lui succède, jusqu’en novembre 2010, remplacé ensuite par son ex-secrétaire d’État, Nathalie Kosciusko-Morizet. C’est la première fois depuis quarante ans que le ministère de l’Écologie, créé en 1971 sous la forme d’un ministère délégué auprès du Premier ministre, se retrouve de fait sans ministre attitré.

source : acteurspublics



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