Droitpublic.net

 


Incident parlementaire. Questions au Gouvernement. La gauche arrivée au pouvoir par "effraction"      
mercredi 9 novembre 2011

 

Répondant à une question du député socialiste Pierre-Alain Muet, qui dénonçait la politique économique du gouvernement trop favorable à ses yeux aux plus favorisés, dans le cadre du plan de rigueur annoncé la veille, M. Baroin a répliqué en attaquant le programme du Parti socialiste. Il a affirmé que le gouvernement faisait preuve de courage dans la tourmente, contrairement à la gauche accusée de faire preuve de démagogie.

"Est-ce du courage de mentir, de basculer dans la démagogie, de taire la vérité, de vous accrocher à des vieilles lunes socialistes qui vous ont certes conduit par effraction au pouvoir en 1997 ?" a demandé M. Baroin, faisant allusion notamment aux 35 heures.

En 1997, le Parti socialiste et ses alliés avaient acquis la majorité des sièges à l’Assemblée nationale, lors d’élections législatives provoquées par la décision du président de la République, Jacques Chirac, de dissoudre l’Assemblée.....

Devant le brouhaha et le chahut, les députés PS étant quasiment tous debout dans l’hémicyle et descendus dans les travées, M. Baroin a renchéri : "Oui, par effraction", tandis que M. Accoyer appelait en vain les députés au calme et à regagner leur siège. François Baroin a alors développé son propos, expliquant : "Car c’est sur un coin de table que vous avez rédigé l’affaire des 35 heures ; c’est sur un quoi de table que vous avez rédigé, M. Strauss-Kahn et Mme Aubry, l’affaire des emplois de jeunes ; et c’est sur un coin de table que vous êtes arrivés, en effet, aux affaires ; et c’est sur un coin de table que vous rédigez un projet qui est aujourd’hui caduc." Le ministre de l’économie a proféré "une forme d’insulte" à l’égard des citoyens et a commis "une faute politique", a estimé le président des députés PS, Jean-Marc Ayrault. "François Baroin est peut-être fatigué, soumis à des pressions je peux le comprendre, mais là il est allé trop loin", a réagi M. Ayrault, en sortant de l’hémicycle. Quelques minutes après, à la reprise des débats budgétaires, le chef de file des députés PS a demandé que le gouvernement "formule des excuses".

A la suite de cette demande, Bernard Accoyer a reproché implicitement à François Baroin "certains propos inadaptés". "La parole" est "libre" dans l’hémicycle, a répondu Bernard Accoyer au chef de file des députés PS, promettant de transmettre la demande d’excuses de M. Ayrault à M. Baroin, ainsi qu’au gouvernement. "François Baroin a franchi le Rubicon", a estimé la co-présidente du Parti de gauche, Martine Billard, députée de Paris. "La droite se sent tellement propriétaire de la France, que pour elle, toute alternance démocratique du pouvoir est un vol des droits inaliénables de l’oligarchie."

Le patron du groupe UMP à l’Assemblée, Christian Jacob, a en revanche tenté de minimiser l’incident. "Nos collègues socialistes ont l’épiderme un peu fragile en ce moment et ce qu’a voulu François [Baroin], c’est les renvoyer aux propositions démagogiques tenues en permanence par François Hollande", a-t-il dit. "Quand on compare au torrent d’insultes qu’ils déversent les uns et les autres sur le président de la République, quand même !"

Les esprits avaient été précédemment chauffés à blanc avec une question du socialiste Michel Vauzelle, dont les propos ont été quasiment entièrement couverts par des "Guérini, Guérini..." scandés sur les bancs de droite pendant plusieurs minutes.

L’ex-premier ministre socialiste Lionel Jospin, nommé en 1997 à Matignon après la victoire de la gauche aux législatives, a qualifié, mardi de "scandaleux" les propos de M. Baroin.



Présidentielle 2017. 11 candidats
Présidentielle 2017. Le calendrier
Application des lois. De vrais progrès.
On parle XVe législature ?
L’empêchement d’un candidat à l’élection présidentielle. Décryptage.
La transparence appliquée au membres du Conseil constitutionnel. Peut-être...
Elections : transparence et probité
L’ubérisation de la politique et la tentation du trop de démocratie dite "participative"
Confiance accordée au gouvernement Cazeneuve.
C. Lagarde. Cinquième procès devant la Cour de Justice de la République
Remaniement gouvernemental. Quinquennat. Et de trois !
Responsabilité institutionnelle de F. Hollande. Article 68 Constitution.
PPR de destitution du Président de la République
Dématérialiser la propagande électorale ?
Corps électoral pour les élections 2017
Statut des collaborateurs parlementaires. Un progrès relatif.
Primaires écologistes. C. Duflot éliminée du second tour.
La fronde judiciaire.
L’élaboration d’un projet de loi.
Démonarchiser la Cinquième République ? Vraiment ?
Loi Travail devant le Conseil constitutionnel. Saisine de gauche.
Bilan session parlementaire 2015-2016.
Pénalisation des génocides et Constitution
Vote obligatoire, vote à 16 ans : heureux échec
Les clubs parlementaires et la loi.
Brexit. Nouvelle application de l’article 50-1 de la Constitution.
Primaires à gauche et autorité présidentielle
Le PS n’a pas à être contraint d’organiser une primaire.
Transparence des partis politiques
Assemblée nationale. Disparition d’un groupe parlementaire