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Primaires citoyennes. Second tour et réaction présidentielle conservatrice      
mercredi 12 octobre 2011

 

La Haute autorité (HAP), qui veille au bon déroulement du vote, a annoncé dans la soirée la participation définitive au 1er tour : 2.665.013 votants, un succès d’ampleur pour le PS qui a largement dépassé la barre d’un million qu’il s’était fixée. Face à cette réussite, Nicolas Sarkozy, resté silencieux jusqu’alors, est sortie de sa réserve pour critiquer une consultation selon lui contraire à l’esprit de la Ve République. "La Ve République ne peut être l’otage des partis politiques et le candidat (à la présidentielle) pris en otage par son parti, le général de Gaulle a voulu une élection à deux tours, pas à quatre tours", a dit le chef de l’Etat en prenant le contre-pied de son Premier ministre. Certes, mais le Président actuel a par sa pratique institutionnelle aussi altéré l’esprit originel de la Ve république.... Mercredi dernier, François Fillon avait salué "un processus moderne qui convient à droite comme à gauche, pour toutes les grandes élections". Aussitôt les socialistes ont pointé un malaise à droite. Le premier secrétaire par intérim, Harlem Désir, a évoqué "un immense désarroi" de M. Sarkozy et "une droite ébranlée" par le succès du scrutin. François Hollande a critiqué "une mauvaise interprétation" du président, tandis que Martine Aubry, a affirmé que la majorité était "très ennuyée par la primaire" et "n’aim(ait) pas la démocratie". A la veille du débat d’entre-deux tours organisé par France 2, les deux finalistes sont repartis en campagne. Le député de Corrèze a arpenté un marché dans le XVIIIe arrondissement populaire de Paris, tandis que le maire de Lille a fait un saut dans la Creuse pour accuser le chef de l’Etat, présent le même jour dans ce département, de "casser les services publics" en milieu rural. Mais les piques se sont aussi multipliées entre les deux candidats et leurs camps respectifs. Pour la présidence de la République "j’ai dit ce que je voulais faire et c’est le contraire de la gauche molle", a lancé le maire de Lille à son rival. Les attaques de Martine ? "C’est toujours insidieux. Moi, je n’aime pas les manoeuvres obliques", a répliqué M. Hollande. Deux de ses soutiens, Vincent Peillon et Bruno Le Roux, ont demandé à Mme Aubry et ses proches de "maîtriser leurs nerfs et leur agressivité", dénonçant leurs "mensonges et hypocrisies". "François Hollande a une position de centriste de gauche et Martine Aubry a une position centrale à gauche", a lancé dans le camp du maire de Lille Laurent Fabius. Arnaud Montebourg, en position d’arbitre après son score de 17% le 9 octobre, a publié sur le site internet de Libération sa lettre demandant aux deux concurrents de se positionner sur ses propositions : "le contrôle financier, le protectionnisme industriel, la VIe République et la lutte contre la corruption". Alors que lundi le député de Saône-et-Loire avait évoqué la possibilité de ne donner aucune consigne de vote, il a finalement assuré mardi qu’il ferait "certainement un choix" pour le second tour, même s’il continue à considérer Mme Aubry et M. Hollande comme "deux candidats issus de la même tradition politique social-démocrate" utilisant "des recettes gestionnaires du passé". François Hollande et Martine Aubry se sont montrés prudents face aux sollicitations du député de Saône-et-Loire. M. Hollande a averti qu’il n’était pas prêt à "faire une politique en zigzag". Martine Aubry a affirmé qu’elle ne "changerait pas" même si elle souligne des points "essentiels" partagés avec M. Montebourg. Selon un sondage OpinionWay-Fiducial pour Le Figaro, François Hollande est en tête des intentions de vote des sympathisants de gauche, avec 54% contre 46% à Martine Aubry.



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