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Présidentielle 2012. J- 500. Etats des lieux      
dimanche 12 décembre 2010

 

Les principaux partis politiques –UMP, PS, EELV et MoDem – se sont réunis samedi 11 et dimanche 12 décembre pour des conventions ou des élections internes. L’occasion de montrer leur unité et de se mettre leur troupe en ordre de bataille pour l’élection présidentielle de 2012.

A l’UMP, un "front sacré". Le nouveau patron de l’UMP, Jean-François Copé, fait face à un dilemme : comment resserrer ses rangs tout en laissant les différentes sensibilités du parti s’exprimer ? Celui qui ne cache pas ses ambitions pour l’élection de 2017 veut que l’UMP soit réunie derrière Nicolas Sarkozy, probable candidat à sa succession, sans que le parti majoritaire ne paraisse autoritaire avec ses courants. "Le principe c’est 100 % de loyauté et d’engagement vis-à-vis du président de la République, mais aussi 100 % de liberté de débat", a-t-il expliqué en marge du Conseil national de l’UMP, samedi 11 décembre.

Pour cette année de campagne, l’UMP devra surveiller sa droite. Le FN, qui pourrait être représenté par Marine Le Pen, parait en mesure de récupérer les points perdus en 2007. Face à un FN qui reprend de la vigueur, Jean-François Copé a prôné un "un retour à fond" sur les fondamentaux et les valeurs de la droite comme la sécurité. "A nous d’être très offensif, à l’image de ce que fait Brice Hortefeux dans le domaine de la sécurité et de la lutte contre l’immigration clandestine", a-t-il enjoint ses troupes

Le parti majoritaire est également en "danger du point de vue électoral" face à un PS rassemblé sur un seul élément, "prendre le pouvoir à n’importe quel prix". M. Copé a lancé un appel à l’"union sacrée" des cinq composantes du parti : anciens RPR, libéraux, centristes, radicaux et les autres.

Le PS uni sur l’"égalité réelle", toujours en discussion sur les primaires. Martine Aubry l’a répété samedi, aucun changement de calendrier n’est envisagé pour les primaires. Si le PS s’en tient aux propos de sa première secrétaire, les candidatures pour les primaires ouvertes seront déposées avant l’été ; le vote aura lieu à l’automne. Ce calendrier, cher notamment aux partisans de Dominique Strauss-Kahn, ne plait pourtant pas à tous. Dimanche matin, Ségolène Royal s’est interrogée sur ce calendrier qui laisse plus de temps à la campagne interne qu’à la campagne présidentielle à proprement parler. Dans un langage diplomatique vis-à-vis de Martine Aubry et ans vouloir "faire de la polémique", Mme Royal a dit souhaiter que le calendrier soit avancé.

Samedi, les socialistes étaient apparus unis à la convention sur l’égalité réelle, la dernière d’une série de quatre – sur l’économie, la rénovation et l’international –, avant la présentation en avril du projet global. "Nous avons beaucoup travaillé", a insisté Mme Aubry, déterminée à prouver "que la crédibilité a changé de camp, que le bon projet pour la France, c’est le projet socialiste".

an-Paul Besset qui a claqué la porte du parti.AFP/BERTRAND LANGLOIS Europe-Ecologie-Les Verts : après les couacs, "c’est reparti". Après le départ de Jean-Paul Besset, proche de Nicolas Hulot, les militants d’Europe-Ecologie-Les Verts (EELV) ont élu le pédagogue Philippe Meirieu à la tête de leur parlement interne. Le fracassant départ de celui qui aurait dû occuper le poste avait laissé craindre une implosion de ce tout jeune rassemblement.

Pour son discours d’investiture, M. Meirieu, "tout jeune débutant en politique", a jugé les "soubresauts qui ont eu lieu inévitables" car "la clarté et la vérité sont notre ligne de conduite". Et s’il y a "des turbulences internes, il faut les transformer en propositions convaincantes pour notre avenir et notre pays", a-t-il dit, très applaudi par les cadres du parti.

Possible candidate en 2012, Eva Joly a commenté dimanche la situation à EELV : "Le retrait de Jean-Paul Besset est un signal d’alerte important" qui a été pris "très au sérieux", mais "l’arrivée de Philippe Meirieu est une très bonne chose, ça traduit le fait que nous sommes repartis".

Mme Joly doit rencontrer Nicolas Hulot dans les jours à venir. "C’est important qu’on se voit, qu’on se parle, qu’on se connaisse" a-t-elle affirmé. "Le monde idéal, ce serait qu’ils fassent campagne ensemble", a espéré Pascal Durand proche de l’écologiste vedette au sein d’EELV.

Bayrou, "leader incontesté" du MoDem. Sans adversaire, François Bayrou a été reconduit à la tête du MoDem avec 94,69 % des voix. Interrogé sur l’absence de candidature concurrente, le président du MoDem a expliqué que "les gens ont pensé qu’il était mieux de montrer l’unité que la division".

En ouverture du congrès du parti fondé en 2007, le leader centriste a dit mesurer "le poids de sa charge". "Nous avons ouvert un chemin comme il n’en existe pas d’autre dans la vie du pays. Un chemin qui avait été abandonné pendant de longues années lorsque ceux qui avaient la responsabilité de ce grand mouvement politique ont choisi de se résigner, de prendre le chemin de la dépendance", a-t-il lancé en référence aux ex-membres de l’UDF qui ont rejoint la majorité présidentielle au sein de l’UMP ou au Nouveau Centre.

Pour le secrétaire général du MoDem, Marc Fesneau, le parti dispose d’une situation favorable : "le pouvoir en place sort affaibli de la séquence des retraites et la gauche n’en a pas profité, tiraillée dans son combat des chefs pour les primaires. Les gens attendent une proposition alternative. Le MoDem, lui, a un leader incontesté et assume depuis trois ans une ligne d’indépendance au centre de l’échiquier politique qui assoit sa crédibilité", assure-t-il.

source : lemonde ;fr



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