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Turquie, UE et UMP : un mélange explosif à terme      
rivalités sarkozy - Chirac sur fond de présidentielle 2007
vendredi 14 janvier 2005

 

Nicolas Sarkozy provoque à nouveau les chiraquiens. Le président de l’Union pour un mouvement populaire (UMP), qui présentait jeudi ses voeux pour 2005 lors d’une conférence de presse, n’a cessé de se démarquer de Jacques Chirac, s’attirant une réplique cinglante de Jean-Louis Debré.

M. Sarkozy a annoncé que le conseil national du mouvement revotera le 6 mars prochain sur la question de l’éventuelle adhésion de la Turquie à l’Union européenne, et a relancé le débat sur l’immigration en envisageant l’instauration de quotas. Il a souhaité un "débat démocratique", c’est-à-dire une primaire, pour la désignation du candidat de l’UMP à la présidentielle de 2007.

Nicolas Sarkozy était resté inhabituellement discret depuis son intronisation triomphale à la présidence de l’UMP le 28 novembre dernier et son départ du gouvernement le lendemain. Il est repassé à l’offensive à l’occasion de cette conférence de presse, organisée sur le modèle de celles qu’il avait l’habitude de tenir place Beauvau et à Bercy. Pendant une heure et demie, il a répondu à toutes les questions des journalistes, expliquant sa conception de son "nouveau rôle".

Même s’il n’a "pas l’intention de se laisser enliser dans les méandres de l’actualité partisane", M. Sarkozy est revenu avec un plaisir visible dans l’arène. Celui qui se veut "libre" de "s’exprimer fortement" a multiplié les positions contradictoires avec celles exprimées par Jacques Chirac tout au long de sa semaine de voeux.

Sur le premier sujet du moment, la préparation du référendum sur la Constitution européenne, M. Sarkozy a annoncé que le conseil national de l’UMP revotera le 6 mars prochain en faveur d’un "partenariat privilégié" avec la Turquie.

Cette position contredit celle de Jacques Chirac, qui a donné son feu vert le 17 décembre dernier à Bruxelles à l’ouverture des négociations avec la Turquie en vue de son éventuelle adhésion à l’UE.

Le président de l’UMP a cependant précisé qu’il avait informé le chef de l’Etat de son intention lors de son entretien avec le chef de l’Etat hier.

Obligé de s’aligner sur Jacques Chirac pour le référendum, M. Sarkozy s’est distingué sur tous les autres sujets. Celui qui entend multiplier les débats à l’UMP a proposé jeudi de "repenser" profondément la politique de l’immigration pour envisager l’instauration de quotas par compétence professionnelle et par pays.

Cette question doit "faire l’objet de débats approfondis, sans tabou et sans exclusive", a-t-il dit, contredisant une nouvelle fois de Jacques Chirac. Le 17 octobre 2003 à Bruxelles, le chef de l’Etat s’était déclaré "hostile au système même des quotas".

L’ancien ministre de l’Economie a également décerné des bons et des mauvais points à ses successeurs sur les dossiers économiques. S’il s’est réjoui des décisions de Jean-Pierre Raffarin sur les 35 heures, l’ancien ministre de l’Economie a jugé le gouvernement "frileux" sur la baisse des prix et critiqué la décision de Jacques Chirac de reprendre la baisse des impôts en 2006.

"La réduction des impôts n’est possible que si elle est précédée par un effort important de réduction des dépenses", a glissé le président de l’UMP.

Nicolas Sarkozy a enfin marqué son désir de "rassembler" l’UMP. Dans cet esprit, il a annoncé que le parti organisera des primaires pour permettre à ses militants de désigner leurs candidats lors des prochaines élections municipales à Paris.

Prié de dire si ce système pourrait s’appliquer à la présidentielle, il a souhaité que le candidat de l’UMP à l’élection présidentielle de 2007 soit désigné par les militants à l’issue d’un "débat démocratique".

Mais il a aussi reconnu le droit d’un candidat de se présenter "en dehors d’un parti politique". "Dans les institutions de la Ve République, on n’a pas besoin d’être investi par un parti politique pour être candidat", a-t-il rappelé. Une façon de dire que Jacques Chirac pourra se représenter le cas échéant.

Cette proposition a valu à M. Sarkozy une réplique cinglante de Jean-Louis Debré. Craignant "une crise de régime", le très chiraquien président de l’Assemblée nationale a jugé l’idée "totalement contraire à la tradition de la Ve République". M. Debré s’est dit "inquiet" de la "logique d’affrontement" de Nicolas Sarkozy "qui cultive ce qui nous divise plutôt que ce qui nous unit".



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