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Collectivités territoriales. Débat sur la réforme au Sénat. mercredi 25 mars 2009
Lors de sa séance du mercredi 18 mars 2009, le Sénat a organisé un débat en séance publique sur l’organisation et l’évolution des collectivités territoriales, à l’initiative et sous la présidence de M. Gérard Larcher, Président du Sénat, dans le cadre de la première semaine sénatoriale de contrôle de l’action gouvernementale. En présence de Mme Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, de l’Outre-mer et des Collectivités territoriales, et de M. Alain Marleix, secrétaire d’Etat à l’Intérieur et aux Collectivités territoriales, cette séance a permis aux sénateurs de s’exprimer sur ce sujet, notamment sur la base des 27 préconisations du rapport d’étape de la Mission temporaire du Sénat sur l’organisation et l’évolution des collectivités territoriales présidée par M. Claude Belot (UMP, Charente-Maritime), avec comme premier vice-président M. Pierre-Yves Collombat (Soc., Var) et dont les co-rapporteurs sont M. Yves Krattinger (Soc., Haute-Saône) et Mme Jacqueline Gourault (UC, Loir-et-Cher). Le débat était organisé en 3 séquences : M. Claude Belot a rappelé que les collectivités territoriales réalisent 73 % des investissements publics du pays alors que seulement 10 % de l’endettement leur est imputable, et qu’elles sont appelées à participer à l’effort national de relance, à condition de « réformer certaines réalités dépassées, inadaptées ou inappliquées, comme la loi sur l’intercommunalité. » Enfin, il a évoqué l’entretien passionnant de la mission avec M. Edouard Balladur, ce dernier ayant relevé lors de son départ que désormais « la balle était dans le camp du Sénat et qu’il n’avait pas le droit de ne rien faire ». Après avoir dressé un « inventaire des idées reçues » sur les collectivités territoriales, M. Pierre-Yves Collombat, premier vice-président de la mission, a souligné que celle-ci avait préféré être « utile » plutôt qu’ « audacieuse », et qu’elle s’était fixé comme objectifs de rendre les collectivités « encore plus efficaces et encore plus démocratiques ». Il a expliqué que la méthode mise en œuvre, loin de partir d’a priori, a reposé au contraire sur la confrontation des expériences très diverses des élus et des points de vues. M. Rémy Pointereau (UMP, Cher), vice-président de la mission temporaire, a pour sa part souligné que la réflexion devait se porter sur le partage des compétences et des responsabilités. Il faut maintenir, a-t-il plaidé, la clause de compétence générale aux communes avec possibilité de délégation aux groupements, et achever la carte de l’intercommunalité avant 2014. Le département et la région, a-t-il poursuivi, correspondent à des logiques de territoire distinctes, et la suppression de l’un ou l’autre niveau, ou leur fusion, ne lui ont pas semblées souhaitables. M. Yves Krattinger, co-rapporteur, a présenté les premières positions adoptées par la mission. Il a tout d’abord relevé que la mission avait réaffirmé le principe de la libre administration des collectivités territoriales, de même que la liberté qui doit leur être donnée de coopérer librement entre elles et avec leurs établissements publics. L’interterritorialité doit être encouragée. S’agissant de la clarification des compétences, plusieurs principes généraux ont été retenus. Il convient de : En cas de défaut d’intervention d’une collectivité dans un des domaines de sa compétence, la mission a souhaité ouvrir la possibilité pour une autre d’intervenir dans le sens de l’intérêt général sur la base d’un « constat de carence ». La mission a ensuite plaidé pour la reconnaissance effective d’un « chef de file » pour les compétences partagées avec, en cas de financements croisés, un dossier unique d’instruction déposé dans un guichet unique. Le service instructeur deviendrait alors garant de la conformité et de la qualité du projet finalement soutenu. Le corollaire de la mise en œuvre de ces principes, a-t-il souligné, devrait être la suppression des interventions des services déconcentrés de l’État dans les domaines de compétences transférées. En ce qui concerne le Grand Paris, la mission affinera sa position dans les prochaines semaines, a indiqué M. Yves Krattinger. Abordant les finances locales, le rapporteur a indiqué que la mission préconisait une refondation des relations financières entre l’État et les collectivités territoriales, toute décision devant être subordonnée à une concertation préalable et faire l’objet de négociations. La mission – a-t-il précisé – s’est accordée sur l’attribution de deux types de ressources fiscales par niveau de collectivités, sur la limitation des cumuls d’impôts sur une même assiette et le maintien impératif d’un impôt lié à l’activité économique pour préserver les relations entre des entreprises et des territoires dont les destins sont liés. La mission s’est, enfin, saisie du mode d’élection des conseillers généraux. Elle s’est accordée sur leur élection la même année pour une durée de six ans. Mme Jacqueline Gourault, co-rapporteur, a ensuite présenté les préconisations de la mission pour le « couple de la proximité par excellence », formé par les communes et les intercommunalités. La commune, socle de l’organisation locale et collectivité territoriale de plein exercice, doit nécessairement détenir la clause générale de compétences. En parallèle, la mission a pris acte de la « formidable réussite du couple formé par la commune et l’intercommunalité ». Pour tirer pleinement parti des potentialités de l’intercommunalité, il convient de rationaliser la carte intercommunale et de renforcer les structures intercommunales en augmentant progressivement les compétences transférées. La première priorité est d’achever la carte de l’intercommunalité avant fin 2011. Selon la mission, des incitations financières négatives pourraient suffire. La deuxième priorité concerne la rationalisation des périmètres, sans critère de population ni de taille, mais en fonction des bassins de vie, en éliminant les intercommunalités défensives ou d’opposition. La fusion des communautés doit être encouragée avec des outils souples. Les commissions départementales de coopération intercommunale (CDCI) pourraient jouer un rôle plus important dans la détermination des périmètres pertinents d’intercommunalité, à condition que leur composition les rende plus représentatives. Dans le même souci de simplification, a poursuivi Mme Jacqueline Gourault, la fusion volontaire de communes doit être encouragée, notamment des plus petites, naturellement sur la base d’un référendum proposé par une majorité qualifiée des membres des conseils municipaux concernés. En conclusion, Mme Jacqueline Gourault a insisté sur le souhait de la mission d’améliorer la gouvernance des intercommunalités, en commençant par conforter la légitimité démocratique des conseillers communautaires grâce au « fléchage » des candidats aux élections municipales. Les scrutins de liste devraient donc être étendus à toutes les communes de plus de 500 habitants, l’obligation de candidature étant généralisée pour les élections municipales dans toutes les communes.
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