PS 1, PS 2... Parti socialiste plus que jamais scindé en 2...      
dimanche 23 novembre 2008

 

Au Parti socialiste, on n’est pas loin du scénario catastrophe. Entre deux blocs de plus en plus antagonistes, celui de Ségolène Royal et la coalition qui soutient Martine Aubry, le scrutin pour le poste de premier secrétaire du parti s’est terminé sur un incroyable match nul, à 42 voix près. Et les deux camps viennent de ressortir la hache de guerre.

Après une folle nuit ponctuée des deux côtés par de fausses annonces de victoire, des réunions de crise à 2h du matin, des accusations de tricherie et des menaces de contestation jusque devant les tribunaux, le résultat définitif a finalement été annoncé à 5h du matin.

Sur 233 000 adhérents officiellement inscrits au PS, quelque 177 000 se sont prévalus dans la soirée de vendredi de leur droit de vote pour départager Ségolène Royal, ex-candidate à la présidence en mai 2007, soutenue par une poignée de « quadras », et Martine Aubry, mairesse de Lille et candidate des principaux « éléphants » -Fabius, Strauss-Kahn, Delanoë, Lionel Jospin, notamment. Pointage final : Martine Aubry a obtenu 50,02% des suffrages exprimés, soit 42 voix de majorité. Dans un parti où les petites fraudes dans les scrutins internes font partie de la tradition, surtout dans les plus importantes fédérations départementales, un scrutin aussi serré ne pouvait donner lieu qu’à des contestations.

En pleine nuit, le député-maire d’Évry, en région parisienne, et l’un des principaux lieutenants de Ségolène Royal, Manuel Valls, a déclaré aux journalistes massés devant le quartier général de la candidate : « Nous ne nous laisserons pas voler notre élection. » De son côté, Ségolène Royal en personne a réclamé un nouveau scrutin dans les jours qui viennent. Proposition aussitôt rejetée par Martine Aubry et ses amis. Dont François Hollande, premier secrétaire sortant après 11 ans de mandat... et ex-compagnon de Ségolène Royal : « Les résultats sont là », a-t-il dit, en appelant les deux camps à être « responsables ».

Selon les « ségolénistes », il y a eu des résultats « anormaux » dans au moins deux fédérations départementales très pesantes : celle du Nord (Lille), tenue par Martine Aubry, et celle de Seine-Maritime (Normandie), bien verrouillée par l’ancien premier ministre Laurent Fabius, allié de la mairesse de Lille. Le problème, c’est que Ségolène Royal avait elle aussi dans sa manche au moins deux fédérations très pesantes électoralement -l’Hérault (Montpellier) et les Bouches-du-Rhône (Marseille)- où il y a eu de grosses irrégularités, dans la soirée de jeudi, lors du premier tour de ces primaires. Ici et là, il y a eu de fausses cartes d’électeurs, des gens qui ont voté à la place d’abstentionnistes, bref, du bourrage d’urnes. Comme l’écrit Le Monde : « Jusque-là, chaque camp fermait les yeux sur les méthodes du camp adverse », parce qu’il y avait d’un côté ou de l’autre des majorités substantielles. À 42 voix près, les soupçons et les vieilles accusations éclatent au grand jour.

Pour Ségolène Royal, cette défaite par un écart de 0,4% des voix ressemble à une victoire morale. Privée du soutien de la quasi-totalité des barons du parti, elle avait déjà réalisé une belle performance, le 6 novembre, en obtenant 29% des voix sur sa « motion ».

Mais on pouvait penser qu’elle avait fait le plein : les trois autres « motions » (celles de Bertrand Delanoë, maire de Paris, de Benoît Hamon, jeune représentant de la gauche du parti, et de Martine Aubry) s’étaient liguées contre elle. Malgré tout, elle avait réalisé une progression étonnante au premier tour de scrutin, avec un bond à 43% des voix. Et samedi matin, avec 49,98% des voix face à l’ensemble des poids lourds du parti.

Mais cette victoire morale n’en reste pas moins une défaite, si courte soit-elle. Dès mercredi, le conseil national du parti - où les ségolénistes sont en minorité - doit entériner le résultat. Ou bien les deux camps en présence arrivent d’ici là à une forme de compromis pour partager le gouvernement du parti, ou bien chacun campe sur ses positions. Et même si la victoire d’Aubry est officialisée - ce qui est probable -, on voit mal comment la nouvelle première secrétaire pourra diriger une formation politique coupée en deux camps de force égale dans un climat d’hostilité totale.



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