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Le Sénat nouveau      
lundi 22 septembre 2008

 

La gauche a progressé au-delà de ses espérances aux élections sénatoriales de dimanche, gagnant 23 sièges, alors que le PS tablait sur une dizaine de sénateurs supplémentaires. En tout, un peu plus de 50.000 « grands électeurs » - conseillers municipaux, généraux, régionaux, députés - étaient appelés à voter dans les préfectures pour renouveler un tiers des sièges du Sénat. 114 sièges, dont 12 nouveaux, étaient en jeu dans 39 départements, 4 collectivités d’Outre-mer et au sein du collège des Français de l’étranger (4 des 12 élus). 40 étaient à pourvoir à la proportionnelle et 74 au scrutin majoritaire à deux tours. L’équilibre politique de la Haute Assemblée, qui n’a jamais connu d’alternance politique sous la Ve République, n’a donc pas changé. La droite est favorisée par la surreprésentation des petites communes rurales traditionnellement conservatrices, celles de moins de 3.500 habitants fournissant en effet la moitié des délégués des conseils municipaux, qui représentent eux-même 95,8% du corps électoral sénatorial. La répartition politique des sénateurs élus dimanche (collège A, d’Ain à Indre), telle que communiquée par le ministère de l’Intérieur sur 108 des 114 sièges en lice, se fait comme suit : Communiste : 3 sièges (2,8% du collège A) Socialiste : 44 sièges (40,7%) Radical de gauche : 5 sièges (4,6%) DVG : 7 sièges (6,5%) Majorité présidentielle : 3 sièges (2,8%) UMP : 39 sièges (36,1%) Divers droite : 7 sièges (6,5%)

Symboles des conquêtes de gauche : l’Ille-et-Vilaine, trois UMP et un centriste hier, a désormais trois sénateurs PS et un UMP. En Corrèze, le parti socialiste a ravi à la droite les deux sièges de sénateurs du département, parachevant le basculement à gauche d’un département longtemps dominé par la personnalité de l’ancien président Jacques Chirac. La Côte-d’Or comptait 3 UMP. Elle se retrouve avec deux PS - le maire de Dijon et numéro deux du PS François Rebsamen, et le président du Conseil régional François Patriat - et un DVD. Le PS s’immisce dans les très droitières Alpes-maritimes, s’emparant du nouveau siège. Dans ce département, le président du groupe RDSE, Pierre Laffitte, 83 ans, est battu. Dans l’Allier, le PCF emporte un des deux sièges que détenait le parti présidentiel. Le PRG pourrait même créer un groupe : le Parti Radical de Gauche, qui avait trois sortants dans ce scrutin, a obtenu 6 élus à son issue. En Corse, les deux PRG sortants, Nicolas Alfonsi (Corse-du-Sud) et François Vendasi (Haute-Corse) ont conservé leurs sièges. Le parti, qui va se retrouver avec dix sénateurs, espère rallier des personnalités comme Michel Charasse. Il faut 15 élus pour constituer un groupe au Sénat. Les sénateurs PRG sont actuellement regroupés avec les radicaux valoisiens au sein du RDSE dont l’existence est menacée. Les radicaux de droite ont perdu au moins trois sièges. Jean-Pierre Chevènement (MRC) fait une entrée retentissante au Sénat, battant le sortant PS Yves Ackermann dans « son » Territoire de Belfort. Au contraire, le porte-parole de l’UMP Dominique Paillé a été battu parmi les Français de l’étranger. De même l’ex-ministre Charles Millon, soutenu par l’UMP, manque son retour politique dans l’Ain. En Guyane, l’ancien ministre UMP Léon Bertrand a été battu. Le sénateur sortant de Polynésie française Gaston Flosse (DVD) a été réélu, ainsi que son co-listier Richard Tuheiava, infligeant un véritable camouflet à l’UMP qui avait investi le président polynésien Gaston Tong Sang et l’ancienne députée Béatrice Vernaudon. A Marseille, l’UMP Jean-Claude Gaudin et le PS Jean-Noël Guérini ont été réélus. La création de 12 nouveaux sièges, en particulier dans des départements fidèles à la droite, a toutefois permis à celle-ci de compenser ses pertes. L’UMP a même gagné le poste créé en Haute-Garonne, terre très à gauche, ainsi qu’en Eure-et-Loir, dans l’Hérault, l’Ain, et les deux îles caraïbes de Saint-Barthélémy et Saint-Martin. La proportion de femmes élues au Sénat a progressé. Elle passe de 18,2% à 22,1%, ce qui le place devant l’Assemblée nationale, selon un décompte officiel. Il y a désormais 75 sénatrices sur 343 élus. Elles étaient 60 sur 330 précédemment, selon le service de presse du Sénat. Parmi les sénatrices nouvelles, la quadragénaire Samia Ghali, issue de l’immigration (PS, Bouches-du-Rhône). La bataille pour la présidence du Sénat, qui se joue à guichets fermés au sein de l’UMP, devrait redoubler d’intensité entre les deux favoris Jean-Pierre Raffarin et Gérard Larcher et les outsiders Philippe Marini et Alain Lambert, avec une primaire au sein du groupe majoritaire, mercredi, pour les départager.

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