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Fonction publique / Sarkozy : du nouveau ? Vraiment ? samedi 12 janvier 2008
"La fonction publique doit servir de modèle et de leader." Ca ce n’est pas nouveau comme discours. Devant le gouvernement quasiment au grand complet, les représentants des "corps constitués", les responsables de l’administration et les élus locaux réunis pour la cérémonie des voeux, vendredi 11 janvier à Lille, Nicolas Sarkozy a formulé un nouvel engagement : "Avant la fin de l’année, nous aurons pris des mesures effectives pour qu’en cinq ans, la fonction publique s’ouvre à la diversité." Cette promesse, il compte bien la tenir en s’inspirant des travaux de la mission qu’il a confiée à Simone Veil. L’ancienne ministre de la santé est chargée de rédiger un projet de texte visant à inscrire la diversité dans le préambule de la Constitution. Sans être issu de ses rangs, le président de la République déplore que "la fonction publique n’ait pas su intégrer et promouvoir les enfants issus de l’immigration", comme elle l’a fait "autrefois avec les femmes et les enfants des classes populaires". Or, a-t-il précisé, "l’intégration des enfants de l’immigration dans toutes les strates de la société est l’une des questions les plus importantes posées à notre pays". Tout en citant l’exemple de la voie de recrutement spécifique de Sciences Po dans les ZEP, M. Sarkozy s’est bien gardé de trancher parmi les critères, quotas ou toute autre forme de "discrimination positive" adaptée à la fonction publique, dont les règles de recrutement restent régies par le principe du concours, garant de l’égalité républicaine d’accès. L’ouverture à la diversité n’est qu’un des volets de la réforme de l’administration de l’Etat et du statut de la fonction publique que le chef de l’Etat avait esquissée à Nantes, en septembre 2007. Il a de nouveau envisagé de modifier les modalités d’intégration dans la carrière, de mobilité mais aussi d’affectation en supprimant le classement de sortie, de l’ENA comme des autres écoles, "qui rigidifient l’entrée dans la carrière", pour le remplacer par des "listes d’aptitude". S’il entend bousculer l’organisation des quelque 5,2 millions de fonctionnaires de l’administration, des hôpitaux et des collectivités locales, le chef de l’Etat est resté inflexible sur les moyens qui leur seront alloués. Il a ainsi justifié son objectif de "ramener les effectifs de l’administration à de plus justes proportions". En contrepartie, la moitié des gains réalisés seront consacrés à la hausse des rémunérations. Alors que toutes les fédérations syndicales ont prévu une journée de grève le 24 janvier sur le pouvoir d’achat et l’emploi, le chef de l’Etat, hostile aux augmentations collectives, veut instituer un mécanisme de "garantie de pouvoir d’achat". Pour tenter de désamorcer la grogne sociale, il a aussi promis de solder les heures supplémentaires et les jours de RTT accumulés. "Elles seront négociées, progressives, mais je prends l’engagement formel que nous trouverons les solutions", a-t-il assuré.
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