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Ministres : finie la responsabilité collective, bonjour la responsabilité individuelle devant le chef de l’Etat      
vendredi 4 janvier 2008

 

L’opposition de gauche en France a qualifié vendredi de "gadget dangereux" au principe "malsain" l’évaluation du travail des ministres, annoncée la veille conformément à la logique de résultats voulue par le président Nicolas Sarkozy.

"C’est un gadget, mais un gadget dangereux et qui porte atteinte à la responsabilité du gouvernement devant le Parlement, (...) seul à même de le contrôler", a déclaré le député socialiste Pierre Moscovici en commentant cette initiative sans équivalent en Europe.

"A quoi ça sert d’être président de la République, à quoi ça sert d’être Premier ministre, si on a besoin d’un cabinet d’audit privé pour juger les ministres ? C’est n’importe quoi", a-t-il ajouté, jugeant au total le dispositif "malsain".

"Les politiques sont évalués, à la différence des grands managers, aux élections", a lui aussi rappelé le député PS Benoît Hamon.

Le porte-parole du gouvernement, Laurent Wauquiez, a annoncé jeudi que les ministres français seraient désormais soumis à une évaluation individuelle sur la base d’une grille de critères de résultats élaborée par un cabinet d’audit privé, soulevant un tollé immédiat du côté de l’opposition.

Face aux critiques, le Premier ministre François Fillon s’est défendu de vouloir "noter les ministres", lors d’un déplacement en Guadeloupe (Antilles françaises).

"On n’est pas à l’école. Il s’agit d’évaluer les politiques pour, le cas échéant, redresser la situation quand un engagement n’est pas tenu" et "apporter aux ministres des instruments, des outils pour les aider à réaliser leurs objectifs", et non pour les sanctionner a-t-il expliqué.

Quant à Nicolas Sarkozy, a souligné M. Fillon, "il est évalué tous les jours par la presse et les Français".

Le Parti socialiste avait relevé jeudi soir par la voix du député Julien Dray que "le seul qui échappe à la notation est Nicolas Sarkozy".

Aurélie Filippetti, porte-parole du groupe PS à l’Assemblée nationale, juge aussi "intolérable que le ministre de l’Identité nationale (Brice Hortefeux) soit bien noté parce qu’il aura renvoyé assez d’immigrés clandestins" et "tout aussi ridicule" d’évaluer la ministre de la Culture Christine Albanel "sur la fréquentation des musées".

Le politologue Dominique Reynié a lui aussi jugé que cette initiative posait le "problème fondamental" de la "dissolution des responsabilités politiques des membres d’un gouvernement".

Selon lui, un tel système de notation enlève au Parlement "un des derniers pouvoirs qui lui était encore concédés, le contrôle des membres du gouvernement".

Nadine Morano, porte-parole du parti UMP au pouvoir, a pour sa part défendu une mesure conçue selon elle comme une "modernisation de la vie politique".



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