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Participation électorale en France. Etude      
mardi 4 septembre 2007

 

« L’essentiel en matière de participation se joue dans l’inscription sur les listes électorales », souligne le Centre d’analyse stratégique (CAS) dans une étude consacrée aux « Non-inscrits, mal-inscrits et abstentionnistes » (1). L’ex-Commissariat du plan note dans ce rapport qu’« entre le début des années 1980 et le début des années 2000, on a assisté, en milieu populaire, à une détérioration de l’inscription se traduisant par une progression de la non-inscription et de la mal-inscription qui a sans doute atteint son point culminant à l’occasion de la présidentielle de 2002. Au début des années 2000, dans certains quartiers, jusqu’à 50% des Français de plus de 18 ans se trouvaient dans l’impossibilité de voter sur leur lieu de résidence. C’est la principale raison pour laquelle le non-vote avait fini par devenir majoritaire dans les milieux les plus populaires. » Depuis la présidentielle de 2002 et, plus encore, depuis les émeutes urbaines de l’automne 2005, le CAS relève « une impressionnante reprise de l’inscription sur les listes électorales » alimentée par la vaste « armée de réserve » qui s’était développée en milieu populaire lors de la période précédente. Si les régularisations électorales, et donc la réduction de la mal-inscription, ont été nombreuses depuis 2005, les taux record de nouvelles inscriptions enregistrés en ZUS ont été principalement nourris par des premières inscriptions (d’office et, plus encore, volontaires). Il en a résulté une croissance spectaculaire du corps électoral. En l’espace de cinq ans, la situation en matière d’inscription s’est donc sensiblement améliorée dans les ZUS et, plus globalement, dans les quartiers populaires. Dans la mesure où la participation électorale dépend très largement de la bonne inscription (donc du fait de résider effectivement sur son lieu de vote), il était logique et prévisible que ces taux record de nouvelles inscriptions trouvent leur prolongement dans les taux record de participation aux deux tours de la dernière élection présidentielle. Il faut ainsi remonter aux années 1970 pour retrouver une telle participation électorale dans les cités. S’agit-il, pour autant, d’un retournement de tendance qui se traduira par une amélioration durable de la mobilisation en milieu populaire ? Sans répondre à la question, le CAS souligne que les facteurs structurels qui avaient nourri la progression de la non-inscription, de la mal-inscription et de l’abstention ne se sont pas soudainement évanouis : les milieux populaires restent faiblement politisés, la norme « participationniste » est toujours relâchée et les environnements déstructurés sont moins à même que par le passé de fonctionner durablement comme des dispositifs informels de mobilisation électorale. « Dès lors, il suffirait que le contexte politique soit moins mobilisateur et que les campagnes perdent de leur intensité pour que reprennent la non-inscription, la mal-inscription et l’abstention, ouvrant ainsi un nouveau cycle de démobilisation électorale. Les dernières élections législatives en ont offert l’illustration, avec une démobilisation qui a atteint une amplitude record, tout particulièrement en milieu populaire. » Le sursaut civique observable au cours des deux dernières années ne règle donc sans doute pas de manière définitive le problème représenté par ce surcoût que constitue l’inscription sur les listes électorales. Il n’y aura probablement pas toujours une conjonction de facteurs - mémoire du 21 avril 2002, candidat perçu comme incarnant une rupture, émeutes urbaines, et, plus décisif encore, intense campagne pour l’inscription sur les listes - favorable à la bonne inscription. Et puisque la preuve est faite que les bien-inscrits sont (presque) toujours des votants, le maintien de hauts niveaux de mobilisation pourrait être facilité par la mise en œuvre d’une inscription (et d’une réinscription) d’office s’appliquant de manière universelle. »

en ligne : Le rapport



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