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Fillon reconduit comme chef du gouvernement mais sans Juppé dans les rangs.      
lundi 18 juin 2007

 

Nicolas Sarkozy a reconduit François Fillon comme Premier ministre lundi, au lendemain des législatives remportées par l’UMP avec une majorité moins large que prévue, le principal défi étant de remplacer Alain Juppé, numéro 2 du gouvernement, battu à Bordeaux.

L’UMP a obtenu la majorité absolue, avec 318 députés sur 577, mais n’enregistre pas la "vague bleue" annoncée par les sondages. Le parti présidentiel perd même une trentaine de députés...

Le PS, au contraire, progresse d’une quarantaine de sièges avec 190 députés, surfant notamment sur les hésitations gouvernementales autour de la "TVA sociale", qui a offert aux socialistes un angle d’attaque inespéré.

Le "super-ministre" de l’Ecologie Alain Juppé, qui était seul ministre d’Etat, restera comme le symbole du retournement de situation. Défait par une socialiste dans sa ville de Bordeaux, il doit abandonner son poste et son remplacement devrait être le principal casse-tête de la formation du cabinet Fillon 2.

Divers noms étaient évoqués lundi pour une éventuelle succession, dont ceux de l’ancien ministre et commissaire européen Michel Barnier (UMP), Henri de Castries, patron d’Axa, voire Jean-Louis Borloo, auquel certains de ses amis reprochent pourtant à mots couverts d’être à l’origine de la polémique sur la TVA sociale.

Le président et son Premier ministre avaient prévu de compléter rapidement le gouvernement, dont la composition pourrait être annoncée mardi, avec l’arrivée d’une demi-douzaine de secrétaires d’Etat. Ils souhaitaient poursuivre à cette occasion "l’ouverture" à gauche.

M. Fillon a salué dimanche le résultat du scrutin comme "un choix clair et cohérent (qui) permet au président de la République de mettre en oeuvre son projet" de rupture. Lundi il s’est refusé à tout commentaire.

Côté PS, le sursaut éloigne le risque d’une crise à court terme. Le premier secrétaire François Hollande, souvent contesté, a réaffirmé lundi qu’il entendait rester à son poste jusqu’au congrès de 2008 et que la bataille pour sa succession "n’était pas ouverte".

Mais la soirée électorale a été marquée côté socialiste par un double coup de tonnerre, qui va peser sur les événements. Dans un livre intitulé "Les coulisses d’une défaite", écrit par deux journalistes de l’AFP, leur ex-candidate à l’Elysée Ségolène Royal annonce en effet à la fois sa séparation d’avec son compagnon François Hollande et son intention de briguer la direction du PS.

Lundi, les pontes du parti se refusaient à commenter la "vie privée" de leur couple phare, et insistaient sur la nécessité d’engager enfin une vraie rénovation du PS.

Les 577 nouveaux élus à l’Assemblée vont se réunir à partir du 26 juin : 318 UMP (359 sortants), 190 PS (149 sortants), 8 PRG, 21 Nouveau centre, 17 PCF, 5 MoDem, 4 Verts et 2 MPF, les autres se partageant entre divers gauche et divers droite. L’Assemblée sera plus féminine, avec 107 élues contre 76.

Dès mercredi, les élus UMP se retrouveront pour élire leur président de groupe et désigner leur candidat à la présidence de l’Assemblée nationale.

Pour la présidence du groupe sont en lice Christian Estrosi et Jean-François Copé, qui semble devancer son rival.

Deux candidats se sont déclarés pour la présidence de l’Assemblée : Bernard Accoyer, chef de file sortant des députés UMP -qui assure avoir le soutien de Nicolas Sarkozy et François Fillon- et Patrick Ollier, président de l’Assemblée depuis février.

Le PCF (17 élus), devrait parvenir à constituer un groupe à la faveur d’un rapprochement avec les quatre Verts

Au centre, les anciens UDF du Nouveau centre, ralliés à Nicolas Sarkozy, sont juste assez nombreux (21) pour faire un groupe. Mais François Bayrou, largement réélu dans le Béarn, ne sera entouré que de quatre autres représentants du MoDem.

Le coup d’envoi du travail parlementaire sera donné par le Premier ministre avec son discours de politique générale.

Une session extraordinaire sera convoquée en juillet, avec notamment le projet de loi "en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat". L’autonomie des universités, le service minimum dans les transports publics, le renforcement de la lutte contre la récidive seront aussi au menu.

Une autre session extraordinaire doit être convoquée en septembre, pour le projet sur la maîtrise de l’immigration.



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