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Large victoire de la majorité présidentielle      
dimanche 10 juin 2007

 

La majorité présidentielle recueillerait entre 43% et 46 % des voix selon les instituts de sondage, l’ex-gauche plurielle entre 35% et 37%. L’UMP aurait entre 383 et 501 sièges, le PS et ses alliés entre 60 et 185. Le taux d’abstention est très élevé : entre 37% et 40%.

Les Français ont accordé dimanche une très nette avance à l’UMP au premier tour des législatives, ce qui devrait donner le 17 juin à Nicolas Sarkozy une très large majorité à l’Assemblée pour appliquer son programme de "rupture".

Le scrutin a cependant été marqué par une abstention record pour un premier tour de législatives sous la Ve République, estimée entre 37% et 39,5%, par les instituts CSA, Ipsos et Sofres.

Comme le prévoyaient les sondages ces dernières semaines, l’UMP et ses alliés obtiendraient une très large victoire, avec 383 à 501 des 577 sièges de l’Assemblée, selon les projections des instituts, le PS et ses alliés n’étant crédités que de 60 à 185 sièges.

Depuis 1958, les législatives ont toujours confirmé le résultat de la présidentielle quand elles l’ont suivie, en 1981, 1988 et 2002.

Mais si le second tour confirme les tendances, ce serait la première fois depuis 1978 qu’une majorité est reconduite à des législatives.

La faible participation devait en outre limiter les triangulaires. Sur une base nationale de 40% d’abstention, un candidat arrivé troisième doit recueillir environ 21% des voix pour pouvoir se maintenir.

A la récente présidentielle, qui mobilise traditionnellement plus, la participation avait atteint un quasi-record inverse, avec près de 85% aux deux tours.

44,5 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes pour renouveler les 577 sièges de l’Assemblée, dans laquelle l’UMP disposait déjà d’une confortable majorité absolue, avec 350 députés et 9 apparentés.

Le président Sarkozy, relayé par son Premier ministre François Fillon, a appelé pendant la campagne les Français à lui donner une large majorité pour mettre en œuvre la "rupture" et les réformes en profondeur dont il estime que le pays a besoin.

Le chef de l’Etat n’a fait aucun commentaire en votant ou après le scrutin.

Les Français ont exprimé leur "volonté de donner un cap à la France", s’est félicité de son côté M. Fillon en appelant les électeurs à "confirmer" au second tour.

Pour le PS, sans illusion après sa nette défaite à la présidentielle, l’objectif était avant tout de réduire au maximum la "vague bleue". Tous les ténors socialistes ont appelé dimanche soir à la fois au "sursaut" le 17 juin et à "l’équilibre des pouvoirs", comme pendant la campagne.

"La démocratie a besoin d’une grande force à gauche", a lancé Ségolène Royal, appelant à la mobilisation au second tour.

La finaliste malheureuse de la présidentielle, qui n’était pas candidate mais s’était impliquée dans la campagne, ne fait plus mystère de sa volonté d’essayer de prendre la tête du parti, et la vitesse à laquelle s’engagera la bataille dépendra en bonne partie du résultat final des législatives.

Après sa percée à la présidentielle (18,57%), le centriste François Bayrou, qui jouait gros avec le Mouvement démocrate, semble un des grands perdants, son nouveau parti ne recueillant qu’environ 7% des voix et au maximum quatre élus.

Ces élections "créent un déséquilibre que la France regrettera", a lâché François Bayrou, qui devrait être l’un des rares rescapés de son camp au Palais-Bourbon.

Quant au PCF, déjà laminé à la présidentielle, il devrait perdre son groupe parlementaire mais semble limiter la casse, avec plus de 4% des voix et de 6 à 12 députés.

Le Front national, crédité de moins de 5%, ne devrait avoir comme d’habitude aucun élu. Les Verts espèrent au mieux sauver leurs trois sortants, l’extrême-gauche n’attendant rien.

Nicolas Sarkozy a confirmé récemment qu’il entendait mener des concertations sur l’éventualité d’introduire une "dose" de proportionnelle au parlement.

Onze membres du gouvernement, dont son chef, étaient en lice dimanche, avec, pour la plupart, de bonnes chances d’être élus. François Fillon, réélu dès le premier tour dans la Sarthe, avait prévenu que les battus devraient quitter le gouvernement.

Comme le Premier ministre, les ministres Jean-Louis Borloo (Finances), Hervé Morin (Défense), Xavier Bertrand (Travail) seront dispensés de second tour.

A gauche, plusieurs personnalités sortantes sont bien placées comme Jean-Marc Ayrault (PS). En revanche, Arnaud Montebourg (PS) est en ballottage très délicat. Retour en campagne

Les principaux ténors repartiront immédiatement en campagne pour le second tour, François Fillon tenant meeting dès lundi à Nancy, Mme Royal se rendant mardi en Bretagne.

La nouvelle assemblée devrait se réunir rapidement, pour élire son président, poste auquel plusieurs responsable UMP sont candidats, puis en session extraordinaire au mois de juillet pour voter de premiers textes emblématiques (délinquance, "paquet" fiscal, universités, service minimum).



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