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Cabinets ministériels : l’Elysée s’en mêle.      
vendredi 25 mai 2007

 

Pour choisir leurs collaborateurs, les ministres ont dû compter avec l’avis de l’équipe de Nicolas Sarkozy. « JE NE CHOISIS PAS les collaborateurs de mes collaborateurs » : cette règle de « management », souvent professée par Nicolas Sarkozy, a souffert quelques variations lors de la composition des cabinets ministériels. Sous l’oeil attentif de Claude Guéant, secrétaire général de l’Élysée, les directeurs de cabinet de tous les ministres ont été passés au crible. Il y a eu ceux dont la proposition n’a pas soulevé d’objections. Pour le grand ministère de l’Écologie et du Développement durable, Alain Juppé a choisi Christian Frémont, préfet de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, qu’il avait connu lorsque celui-ci était préfet de la Région Aquitaine. Bonne pioche : Nicolas Sarkozy apprécie beaucoup l’homme qui a négocié la fin du conflit chez le personnel naviguant de la SNCM. Au ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale, Brice Hortefeux a reconduit, sans difficultés, Thierry Couderc, qui était déjà son directeur de cabinet aux Collectivités territoriales. D’autres ont soulevé des objections ou quelques négociations. Michèle Alliot-Marie a voulu Michel Delpuech, actuel préfet de Corse. Cet ancien préfet des Hauts-de-Seine est, à première vue, Sarko-compatible. En réalité, il n’est pas le premier choix de Claude Guéant, qui se méfie de ce proche de son vieil ennemi, le préfet Philippe Massoni. Mais, pour le moment, MAM a eu gain de cause. À Bercy, Jean-Louis Borloo souhaitait nommer celui qui fut son directeur de cabinet au ministère de la Cohésion sociale, Jean-François Carenco. Mais l’Élysée, relayant les inquiétudes de Bercy, a poussé la candidature de Stéphane Richard, un ancien inspecteur des Finances que connaissait Borloo, jugé « moins dépensier ». Bernard Kouchner espérait nommer Jean-Maurice Ripert, ancien conseiller diplomatique de Lionel Jospin. Après la bronca des diplomates du Quai d’Orsay étiquetés à droite, l’Élysée a suggéré Philippe Étienne, plus consensuel. En revanche, Kouchner a pu « placer » , en directeur de cabinet adjoint, Serge Telle, un diplomate classé à gauche. Le ministre de la Culture, Christine Albanel, avait ficelé son cabinet jusqu’au dernier bouton de guêtre. Elle souhaitait installer son directeur de cabinet à l’établissement de Versailles. Mais ce dernier a été rétoqué par l’Élysée, qui lui a préféré Jean-François Hébert, ex-patron de la Cité des sciences de la Villette, jugé mieux qualifié pour piloter deux dossiers réputés « insolubles » : les droits d’auteurs sur le Net et les intermittents du spectacle. Enfin, les « bleus » du gouvernement, comme Rachida Dati ou Valérie Pécresse, ont appelé l’Élysée à l’aide. Rachida Dati s’est vu suggérer Michel Dobkine, directeur de l’École nationale de la magistrature. « L’un des meilleurs de sa génération » , explique-t-on à l’Élysée. Valérie Pécresse, qui n’avait pas prévu de se retrouver à la Recherche, a pris Philippe Gillet, ex-patron de l’École normale supérieure de Lyon. Sa nomination a été regardée de près par l’Élysée, tant le projet de réforme des universités est jugé « délicat ».

Enfin, au niveau de la « technostructure », l’ouverture était aussi de mise : plusieurs « dir cabs » viennent des rivages de la gauche, ou y sont fait un séjour. Christian Frémont est considéré comme un grand préfet de gauche. Stéphane Richard, le nouveau directeur de cabine de Borloo, était conseiller technique de Dominique Strauss-Kahn, dans le gouvernement Cresson. C’est le cas, également, de Thierry Couderc, qui a animé le club des sarkozystes de gauche, « la Diagonale », et a commencé sa carrière en tant que directeur de cabinet de Kofi Yamgnan. Pour l’ouverture au centre, Hervé Morin, quant à lui, a choisi Patrice Molle, ancien chef de cabinet de François Léotard, dont il était un proche. Enfin si l’inspection des finances et la préfecture restent bien représentées, le Conseil d’État, en revanche, l’est peu : « Au Conseil, ils sont souvent à gauche » , remarque-t-on à l’Élysée.



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