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S. Royal, candidate déjà déclarée pour 2012 !       
lundi 14 mai 2007

 

Surfer sur la vague. Le plus vite possible, avant que la mer se retire. Une semaine à peine après sa défaite à la présidentielle, Ségolène Royal veut profiter du courant qui lui a apporté 17 millions de voix. Et surtout prendre, sans tarder, une option pour la prochaine course.

Samedi, la première réunion de famille socialiste après la présidentielle devait décréter un cessez-le-feu. Histoire de limiter la casse pour les prochaines législatives de juin. Mais les socialistes n’ont même pas fait semblant de s’embrasser. L’ex-candidate a dégainé la première, prenant tout le monde de vitesse. « A droite, la discipline a été sans faille. De mon côté, tous les matins, en ouvrant le journal, je me demandais quel était le socialiste qui allait porter une critique sur ce que je disais », a-t-elle balancé. Et de citer tous les tirs de grenades qu’elle a dû essuyer. « Les fondamentaux de la société française telle que je l’avais comprise depuis longtemps ont été contestés. Quand j’ai dit l’ordre juste, j’ai entendu, c’est juste de l’ordre. J’ai toujours subi des critiques si ce n’est des trahisons ».

Si Ségolène Royal prononce pour la première fois le mot « défaite », c’est pour imputer aussitôt son échec à ses frères ennemis. A l’en croire, la primaire a été la cause de tous les maux. Les critiques féroces de ses rivaux Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn ont été ensuite reprises et amplifiées par la droite sans qu’elle ait eu le temps de bâtir vraiment sa candidature. « Compte tenu du manque de discipline au PS, du temps très court qui restait (après la désignation), il a fallu que je fasse en même temps une révolution de représentation (une femme !), ensuite une rénovation idéologique et une rénovation du fonctionnement politique. »

Loin, très loin de se laisser abattre, Ségolène Royal passe à l’offensive. Elle propose d’anticiper le prochain congrès socialiste, normalement prévu en 2008, et suggère qu’il désigne sans attendre le prochain candidat à la présidentielle. Le parti et le prétendant à l’Elysée élaboreraient alors ensemble le projet présidentiel, pour éviter tout parasitage et tout coup bas. A la question de savoir si ce candidat devrait être premier secrétaire du PS, Ségolène Royal répond, effrontément : « Pourquoi pas, ce serait logique ! » Celle que deux journalistes du Monde ont surnommée « La femme fatale » dans un livre qui s’annonce déjà comme un best-seller ne s’interdit donc rien. Pas même l’idée d’arracher les rênes du parti socialiste des mains de son propre compagnon, François Hollande, au bras duquel elle s’était pourtant affichée ce week-end...

Les éléphants sont fous de rage. « Désolée de le dire, mais la question des présidentiables est désormais sans intérêt », persifle Dominique Strauss-Kahn qui ne se prive pas de juger que la campagne de Royal était « coupée du réel ». « Le temps est aux législatives, pas aux arrière-pensées », ricane Laurent Fabius. Les deux prétendants au leadership du PS ne décolèrent pas à l’idée de voir leur rivale prendre la main.

Quant à François Hollande, il tente de tenir les murs de la maison. « Je ne fais pas comme s’il ne s’était rien passé », dit-il, en relevant des « incohérences » dans le projet. Mais l’heure n’est pas au règlement de comptes. « Après les législatives, on décidera collectivement des échéances pour 2012 », ajoute-t-il, renvoyant dans les cordes la mère de ses quatre enfants. D’ici là, c’est lui et lui seul qui pilotera la campagne. Plus question de direction collégiale comme cela avait été évoqué il y a quelques jours...

Dans cette ambiance délétère, le premier secrétaire prend seul la direction de la campagne législative et donc le risque de porter seul le chapeau si l’élection devait se solder par une déroute spectaculaire...

Et à qui profiterait alors sa mise à l’écart ? Fidèle à sa stratégie de contourner les chemins classiques de la conquête du pouvoir, Ségolène Royal taille sa route. Plus de 150 fédérations ont déjà réclamé son appui. Mais surtout elle mise sur le soutien populaire. Elle devrait organiser dans les prochains jours un grand meeting de remerciements pour ceux qui l’ont défendue. Cela ressemble à la première étape d’un nouveau marathon pour briguer l’Elysée en 2012.



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