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Le Premier ministre français témoin dans une affaire politico-industrielle.      
jeudi 21 décembre 2006

 

Le Premier ministre, Dominique de Villepin, est convoqué ce jeudi comme "simple témoin" dans l’affaire Clearstream par les deux juges d’instruction en charge de cette affaire. Mardi, il s’est dit très "heureux" de témoigner "dans un dossier où beaucoup de mensonges et de calomnies ont été portés" et dont il a "eu à souffrir au fil des dernières années". Le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, partie civile, a été entendu en mai. Le ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a témoigné mi-novembre. Jamais à ce jour, l’exécutif, dont un candidat déclaré à la présidentielle, n’avait été entendu à un tel niveau dans une affaire judiciaire.

Cette audition au pôle financier du tribunal de Paris, pour laquelle Dominique de Villepin ne sera pas assisté d’un avocat, devrait durer de longues heures. Il s’est dit plusieurs fois prêt, et même pressé, d’apporter son témoignage dénonçant des attaques "calomnieuses". "Nous souhaitons tous que la vérité puisse éclater et j’espère que mon témoignage pourra être utile à la justice", a-t-il dit la semaine dernière. Le Premier ministre a toujours démenti toute implication dans ce dossier et a fortiori toute tentative de déstabilisation de son rival Nicolas Sarkozy qui était visé dans les faux listings bancaires de l’organisme financier luxembourgeois Clearstream.

Ces faux listings envoyés anonymement à la justice mettaient en cause plusieurs personnalités pour avoir touché des pots-de-vin dans la vente de frégates à Taiwan en 1991. Depuis près de neuf mois qu’ils se consacrent quasi uniquement à cette affaire, les magistrats Jean-Marie d’Huy et Henri Pons ont souvent mis le Premier ministre au centre de leurs nombreux interrogatoires. Pourquoi a-t-il ainsi confié lors d’une réunion le 9 janvier 2004 au quai d’Orsay une enquête secrète au général Philippe Rondot, qui ne dépendait pas de son ministère et ce en présence de son ami Jean-Louis Gergorin, le "corbeau" dans cette affaire ?

Autres questions : pourquoi n’a-t-il pas prévenu Nicolas Sarkozy qu’il figurait sur ces listings ? Pourquoi n’a-t-il pas prévenu sa collègue Alliot-Marie tout comme le Premier ministre de l’époque, Jean-Pierre Raffarin, qu’il avait diligenté une enquête, puis une seconde auprès de la DST ? Pourquoi ne pas avoir saisi la justice ? Dominique de Villepin a maintes fois répété avoir seulement "agi dans le cadre" de ses fonctions de ministre des Affaires étrangères, puis de l’Intérieur. Le 28 avril, il affirmait qu’il n’avait "jamais" fait enquêter sur d’éventuels comptes occultes à l’étranger de Nicolas Sarkozy, tout en reconnaissant avoir demandé au général Rondot d’opérer des "vérifications".

Dès mai 2006, alors que des rumeurs de perquisitions à Matignon bruissaient, le principe d’une convocation du chef du gouvernement était évoqué avant de devenir incontournable tant son nom était cité, notamment dans les fameuses notes du général Rondot. Mais le doute a longtemps plané sur le statut qui lui serait accordé. Entendu comme témoin assisté voire mis en examen, Dominique de Villepin aurait peut-être été poussé à la démission. Le suspense a pris fin au début du mois. En choisissant celui de simple témoin, les juges ont signifié qu’ils ne disposaient pas d’éléments à charge contre le Premier ministre, suivant ainsi le parquet de Paris dépendant de la Chancellerie.



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