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D. de Villepin et la Justice : statut de "simple témoin".      
lundi 4 décembre 2006

 

Dominique de Villepin sera prochainement entendu comme "simple témoin" dans l’affaire politico-financière Clearstream, un statut qui signifie une absence de charges à l’encontre du Premier ministre dans un dossier toujours aussi opaque mais qui semble perdre de sa consistance politique.

Cette audition pourrait avoir lieu d’ici Noël au pôle financier du tribunal de Paris, selon des sources proches du dossier.

On connaissait déjà l’intention des juges Jean-Marie d’Huy et Henri Pons, qui ont souvent mis au centre de leur instruction le rôle de Dominique de Villepin dans cette affaire, d’entendre ce dernier mais ils laissaient planer le doute sur le statut qu’ils lui réservaient.

Entendre le Premier ministre comme témoin implique qu’aucun élément à charge ne peut être retenu contre lui, contrairement aux statuts de "témoin assisté" et surtout de "mis en examen" qui auraient pu pousser M. de Villepin à la démission.

"Le Premier ministre se réjouit d’apporter rapidement son témoignage et il fait toute confiance à la justice pour que la vérité soit faite dans cette affaire", a d’ailleurs réagi samedi son entourage.

L’audition du Premier ministre nécessite une autorisation du Conseil des ministres qui lui sera soumise dès mercredi, selon cette même source.

Les juges se sont finalement rangés aux réquisitions du parquet de Paris qui fin octobre avait demandé une audition comme "simple témoin" du Premier ministre, comme ce fut le cas pour la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, longuement auditionnée le 10 novembre.

Lors de cette audition, Mme Alliot-Marie a justifié l’enquête sur les listings de Clearstream demandée par M. de Villepin au général Philippe Rondot, son conseiller spécial, lors de la fameuse réunion du 9 janvier 2004, "dans la mesure où il y avait une dimension internationale" dans cette affaire.

Les noms de personnalités politiques dont celui de Nicolas Sarkozy, figuraient dans ces listings de l’institution financière luxembourgeois. Ils se sont avérés truqués.

M. de Villepin a maintes fois répété avoir seulement "agi dans le cadre" de ses fonctions de ministre des Affaires étrangères, puis de celles de ministre de l’Intérieur, et n’avoir pas demandé d’enquête particulière sur son rival politique Nicolas Sarkozy, qui se dit victime et s’est porté partie civile.

M. Sarkozy a été le premier en novembre 2004 à mettre en cause le Premier ministre pour n’avoir pas alerté la justice sur d’autres éléments d’enquête, qui l’innocentaient de toute opération financière occulte.

Mais c’est avec la publication fin avril dans Le Monde de l’audition du 28 mars du général Rondot et celle de ses notes personnelles que la présence de Dominique de Villepin va donner à ce dossier de dénonciation calomnieuse la dimension d’une affaire d’Etat.

Si les juges semblent détourner leur enquête de la sphère gouvernementale, reste à trouver les auteurs de la falsification des listings. Jean-Louis Gergorin, ex-vice président d’EADS qui a joué le rôle de "corbeau" et Imad Lahoud, ancien directeur scientifique d’EADS, ont été mis en examen début juin.

L’ex-auditeur d’Arthur Andersen Florian Bourges, qui accuse M. Lahoud d’être le falsificateur, doit être entendu vendredi. Le 12 décembre, ce sera au tour du journaliste Denis Robert, poursuivi en diffamation par M. de Villepin. Tous deux devraient également être mis en examen.

"J’attends sereinement mon audition. Je note que les magistrats s’en prennent plus facilement à ceux qui ont cherché une information authentique qu’à ceux qui ont oeuvré dans l’ombre pour manipuler la vérité à des fins politiques", a déclaré samedi à l’AFP M. Robert qui avait dénoncé en mai une "manipulation villepino-chiraquienne".



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