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Quel est l’électorat du FN ?      
dimanche 5 novembre 2006

 

La catégorie la mieux représentée chez les sympathisants du FN est celle des ouvriers (qui représente 25 % de l’électorat FN contre 14 % des Français). Viennent ensuite les employés (22 % contre 18 %) et les retraités, même si la proportion de ces derniers est un peu moindre que dans la population totale (23 % contre 25 %).C’est ce que montre une étude de l’Ifop sur les sympathisants frontistes réalisée à partir de 28 enquêtes menées en 2006, soit un échantillon cumulé de 27 338 personnes dont 1 312 se déclarent "proches" du parti d’extrême droite. De quoi faire réfléchir la gauche et notamment le Parti communiste, qui, depuis 1995, ne cesse de voir filer cet électorat qui lui était en grande proportion acquis.

Par ailleurs, la légère surreprésentation des agriculteurs par rapport à la moyenne nationale (1,5 % contre 1 %) confirme la percée du FN notée à la présidentielle de 2002 dans cette population. Les professions libérales, les cadres supérieurs comme les professions intermédiaires résistent mieux aux sirènes frontistes (2,5 % et 8 % contre 7 et 14 %).

Le portrait esquissé par l’étude montre que le sympathisant du FN est plus souvent un homme (52 %) âgé de 35 à 49 ans (32 % alors que ce créneau d’âge ne réunit que 28 % de Français) ou de 50 à 64 ans (23 contre 21 %). Les plus de 65 ans comme les 18-24 ans sont moins représentés que dans l’ensemble de la population (17 % et 9 % contre 21 % et 11 %). Il habite plus fréquemment une agglomération de province (60 %) ou une commune rurale où de plus en plus d’anciens urbains viennent s’établir (30 % contre 25 % pour la moyenne nationale) et se fait plus rare dans la région parisienne (10 % contre 16 %).

Plus souvent que les autres Français, ce sympathisant FN déclare avoir "peu ou pas du tout" d’"intérêt pour la politique" (67 % contre 56 %). En revanche, il participe plus souvent aux élections (52 % contre 50 %). S’il participe moins fréquemment que le reste de la population aux manifestations (47 contre 50 %), le noyau de ceux qui manifestent régulièrement est plus important que celui de l’ensemble des Français (28 % contre 25 %). Cette tendance protestataire peut trouver sa source dans le fait que 68 % des personnes se déclarant "proches" du Front national déclarent "vivre difficilement" avec les revenus du foyer alors qu’ils sont 54 % à le dire dans l’ensemble de la population. De même, 81 % contre 76 % pensent que les jeunes ont moins de chances de réussir que leurs parents.

L’immigration est le premier thème mobilisateur chez ces sympathisants du FN. Un sujet qu’ils lient, comme Jean-Marie Le Pen, à celui de l’insécurité. 86 % d’entre eux estiment, selon l’Ifop, qu’il y a trop d’immigrés en France soit 33 points de plus que la moyenne nationale. 54 % contre 40 % pour l’ensemble des Français pensent qu’"on ne se sent en sécurité nulle part".

Spécialité frontiste, ils sont 78 % à réclamer le rétablissement de la peine de mort : "Aucun autre électorat souhaite majoritairement ce rétablissement", souligne Jérôme Fourquet, le directeur adjoint du département opinion publique de l’Ifop.

Quand 63 % des Français estiment que "tous les étrangers résidant en France devraient avoir le droit de vote aux élections municipales", seuls 36 % des sympathisants frontistes partagent leur avis.

Sur le plan économique et social, 72 % de ces derniers disent qu’il "faut que l’Etat donne plus de libertés aux entreprises" et autant que "les chômeurs pourraient trouver du travail s’ils le voulaient vraiment". Mais les sympathisants de l’UMP répondent à 82 % "oui" à la première question et à 71 % "oui" à la seconde.

Plus surprenant : l’adhésion de 71 % de proches du FN à l’idée que "l’homosexualité est une manière acceptable de vivre sa sexualité", un chiffre de 6 point inférieur à la moyenne nationale. Il est vrai que la question porte sur la pratique sexuelle, ce qui est du "domaine privé", même pour M. Le Pen, et n’aborde pas le mariage ou l’adoption par des couples homosexuels qui touchent la sphère publique et rencontrent beaucoup d’hostilité chez les frontistes.

Abordant le potentiel électoral de Jean-Marie Le Pen, l’étude montre que les plus grandes possibilités de progression du président du Front national se trouvent parmi les femmes, les plus de 50 ans, les ouvriers ou retraités et dans les communes rurales. (spurce LM)



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