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La Justice et le recrutement de faux électeurs.      
jeudi 26 octobre 2006

 

Le procureur a voulu frapper mercredi Jacques Dominati et ses deux fils Laurent et Philippe là où cela fait mal, en réclamant des peines de prison avec sursis mais surtout des peines d’inégibilité pour avoir participé au recrutement de "faux électeurs".

Contre Jacques Dominati, retraité de 79 ans, le procureur Laurent Zuchowicz a réclamé un an de prison avec sursis, 2.000 euros d’amende et 5 ans d’inéligibilité et de privation de droit de vote.

Contre ses deux fils qui ont repris le flambeau politique, Laurent (46 ans) conseiller UMP de Paris, et Philippe (52 ans) sénateur non-inscrit, il a requis six mois de prison avec sursis, 2.000 euros d’amende et 3 ans d’inéligibilité et de privation de droit de vote.

Au total, 15 prévenus sont soupçonnés d’avoir fait inscrire par centaines des sympathisants sur les listes électorales du IIIe arrondissement de Paris où ils n’habitaient pas, afin de doper les scores de Jacques Dominati aux municipales de 1989 et 1995.

De juin à décembre 1988, l’accusation a recensé plus de 400 inscriptions irrégulières, dont 99 pour le seul 28 décembre, peu avant la clôture des listes.

"Sommes-nous en présence de démarches spontanées d’électeurs voulant voter pour leur champion. Ont-ils eu tous la révélation en même temps ? Je ne crois pas à cette transhumance spontanée de milliers de manchots qui, mus par un instinct irrépressible, convergent vers la mairie avant que la glace se referme sur le bureau des élections", a lancé le procureur en référence au documentaire "La Marche de l’Empereur".

Une peine identique à celle requise contre les fils Dominati a été réclamée contre Laurent de Gaulle, petit-neveu du général, qui fut chef de cabinet de Jacques Dominati.

Une peine identique à celle à celle requise contre le père a été demandée contre Jack-Yves Bohbot, qui fut chargé de mission puis son premier adjoint de 1983 à 1995, et contre l’ancien responsable de la section RPR de Paris, Guy Legris, soupçonné d’avoir mobilisé les employés de la ville pour qu’ils s’inscrivent massivement sur les listes du IIIe.

Contre Jacques Vitzling, responsable du bureau des élections de la mairie du IIIe de 1989 à 2002, l’accusation s’en est rapportée à la décision du tribunal, par manque d’éléments à charge, tandis que pour son prédécesseur Patrick Grundmann, elle a réclamé trois mois avec sursis et 2.000 euros d’amende.

Pour les autres, le procureur s’en est remis au tribunal, ou a réclamé des peines allant d’une simple amende avec sursis à 10 mois avec sursis, 2.000 euros d’amende et quatre ans d’inéligibilité et privation de droits de vote, notamment pour Michel Castets, ancien chargé de mission.

"Y-a-t-il eu un cerveau ? ce n’est pas le but de l’accusation" de le dire, a souligné le procureur, alors que les parties civiles, et des témoins, ont assuré que c’est le maire de Paris d’alors, Jacques Chirac, qui avait orchestré cette fraude pour remporter le "grand chelem" des 20 arrondissements.

A Jacques Dominati qui nie toute responsabilité, le substitut Alexandre Aubert a lancé : "qui peut soutenir que ses plus proches collaborateurs ont pu voler la victoire électorale sans qu’il en fut le moteur ? que ses fils y aient participé ou que le RPR ait organisé (la fraude) dans son dos ?"

L’ensemble des prévenus a nié l’existence d’une manoeuvre frauduleuse, Jacques Dominati admettant tout au plus que des sympathisants habitant hors de l’arrondissement s’y étaient inscrits de manière "spontanée" pour le soutenir.

Les plaidoiries de la défense commencent lundi.



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