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De Villepin doit faire face à une motion de censure qui sera votée par une partie des membres de l’UDF.      
mardi 16 mai 2006

 

Le gouvernement français et l’opposition socialiste, appuyée par certains centristes, fourbissaient leurs armes lundi à la veille de l’examen par les députés d’une motion de censure qui ajoute à l’atmosphère de crise politique liée à l’affaire Clearstream.

Cette motion n’a aucune chance d’être adoptée, en raison de l’écrasante majorité parlementaire de la droite au pouvoir, mais elle place une fois de plus sur la défensive le premier ministre Dominique de Villepin.

Très affaibli politiquement, aux prises au mécontentement grandissant de ses propres troupes, il devra en outre faire face au désistement de certains ténors du parti de centre-droit UDF qui voteront contre lui.

Il devrait à nouveau se défendre d’avoir orchestré ou couvert cette affaire de dénonciations calomnieuses dont le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, également chef du parti au pouvoir UMP, s’estime la principale victime.

« Le gouvernement a perdu tout crédit et respect de lui-même et c’est à chaque député, au-delà des frontières politiques, de choisir en conscience », a déclaré le leader du parti socialiste François Hollande.

« L’UMP regrette que le groupe socialiste instrumentalise à des fins politiques une affaire qui est encore dans le temps judiciaire », a pour sa part déclaré la porte-parole du parti majoritaire, Valérie Pécresse.

Mais le principal coup pour la majorité est venu de l’UDF, dont le président François Bayrou a annoncé qu’il voterait la motion de censure afin de s’opposer au « déclin de la France » et de défaire « ce noeud de haine que l’on voit entre les principaux responsables de l’État ».

Le président de l’Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, proche du président français Jacques Chirac, a accusé M. Bayrou de « trahir ses amis politiques » pour « exister politiquement » à un an de l’élection présidentielle qui aiguise les rivalités.

Le groupe de M. Bayrou, ancien ministre de l’Éducation, ne compte que 27 députés et trois apparentés sur 577. Certains d’entre eux, qui restent alliés de l’UMP dans leur circonscription électorale, ont annoncé qu’ils ne voteraient pas la motion de censure socialiste.

La presse française voit dans ce nouveau pas franchi par M. Bayrou, qui avait déjà pris ses distances avec le gouvernement, un petit séisme politique.

« Le suicide de la droite », titrait lundi le journal populaire Le Parisien, alors que Libération (gauche) publiait en première page un dessin de M. Bayrou en train de se faire sauter avec une ceinture d’explosifs en compagnie des principaux chefs de l’exécutif : le président Chirac, M. de Villepin et M. Sarkozy.

Le ministre de l’Intérieur, qui risque d’être entraîné par le fond avec toute la droite alors qu’il vise lui aussi le fauteuil de M. Chirac en 2007, a annoncé samedi qu’il restait finalement au gouvernement.

« Je n’ai nullement l’intention de créer les conditions d’une crise politique qui ne profiterait qu’à la gauche et aux extrêmes », a déclaré M. Sarkozy, faussement accusé d’avoir eu des comptes occultes à l’étranger via la société de transactions luxembourgeoise Clearstream.

Parallèlement, l’enquête judiciaire s’est poursuivie avec l’audition de deux anciens ministres socialistes, Dominique Strauss-Kahn et Jean-Pierre Chevènement, par les juges chargés de découvrir les auteurs de la manipulation et qui pourraient bientôt entendre M. de Villepin.

Le premier ministre a néanmoins reçu ce week-end l’appui du général Philippe Rondot, un spécialiste du renseignement dont certaines notes personnelles saisies par la justice et publiées par la presse semblent accabler MM. Chirac et de Villepin.

Dénonçant les « manipulations » et les « publications tronquées de ses écrits ou de ses propos », le général Rondot a assuré qu’il ne répondrait plus aux questions des juges.



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