La stature présidentielle affaiblie par la crise du CPE.       
Y-a t-il un pilote.... ?
jeudi 6 avril 2006

 

Depuis quelques jours, le président français Jacques Chirac ne ménage pas sa peine pour sauver la face de son premier ministre, Dominique de Villepin, englué dans la crise du contrat première embauche (CPE), et tenter de garder le contrôle de discussions qui menacent de lui échapper.

Officiellement, les négociations qui se sont ouvertes hier entre partenaires sociaux et représentants de l’Union pour un mouvement populaire (UMP - droite) et du gouvernement se déroulent dans le cadre fixé par le chef de l’État vendredi soir, lors de son intervention.

C’est bien au « gouvernement » qu’il a demandé de préparer ces modifications de la loi, faisant donc du premier ministre le pilote de cette réforme. Jacques Chirac « a fixé un cadre » et « il a fixé une méthode ». Dès lors, « il nous appartient de la suivre les uns et les autres », n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler aujourd’hui Dominique de Villepin lors de la période de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.

Reste que depuis vendredi, ce délicat exercice d’équilibrisme entre soutien à son premier ministre et geste d’ouverture en direction des anti-CPE n’a cessé de craquer sous les coups de boutoir de Nicolas Sarkozy puis des organisations syndicales, obligeant Jacques Chirac à intervenir à plusieurs reprises.

Fait pour le moins inhabituel, il a ainsi dû recadrer hier le président de l’UMP, Nicolas Sarkozy, qui récupérait trop ostensiblement le dossier, en rappelant que la proposition de loi modifiant le CPE devait être élaborée « en totale cohérence » avec Dominique de Villepin. Joignant le geste à la parole, il a reçu successivement Nicolas Sarkozy, avec lequel il s’est affiché sur le perron de l’Élysée, et Dominique de Villepin.

Aujourd’hui encore, le président est intervenu en conseil des ministres pour demander que les discussions ouvertes avec les partenaires sociaux « soient constructives ». Et de rappeler une nouvelle fois que celles-ci se tenaient « sous l’égide des présidents de groupe UMP de l’Assemblée nationale et du Sénat » mais aussi « du gouvernement ».

Reste à savoir quelle sera l’attitude de Jacques Chirac si les discussions en cours vont au-delà des deux points précis évoqués vendredi, au risque de dénaturer le CPE. « Les discussions ont à peine commencé. On va laisser ces discussions se poursuivre », répondait-on prudemment aujourd’hui dans son entourage.

Le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, a également expliqué que si « le président de la République a en quelque sorte tracé une feuille de route », « il faut maintenant laisser les discussions se dérouler ».

« Je ne préjuge pas de la suite de ces travaux », a-t-il ajouté, alors qu’on lui demandait si le retrait du CPE faisait partie des discussions.

Si le chef de l’État est parvenu pour l’heure à sauver les apparences pour son premier ministre et même à faire revenir les syndicats à la table des négociations, le dilemme initial est donc toujours d’actualité : les syndicats réclament unanimement le retrait du CPE quand Dominique de Villepin ne veut pas en entendre parler.

Dans ce contexte, Jacques Chirac pourrait bien se retrouver au même point dans quelques jours.



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